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dimanche 2 mai 2021

A SAINTE-BEUVE Alfred de Musset



A Sainte-Beuve

Ami, tu l'as bien dit : en nous, tant que nous sommes,
Il existe souvent une certaine fleur
Qui s'en va dans la vie et s'effeuille du cœur.
"Il existe, en un mot, chez les trois quarts des hommes,
Un poète mort jeune à qui l'homme survit."
Tu l'as bien dit, ami, mais tu l'as trop bien dit.

Tu ne prenais pas garde, en traçant ta pensée,
Que ta plume en faisait un vers harmonieux,
Et que tu blasphémais dans la langue des dieux.
Relis-toi, je te rends à ta Muse offensée ;
Et souviens-toi qu'en nous, il existe souvent
Un poète endormi toujours jeune et vivant.


Alfred de Musset 1810 - 1857

VINCERE CUM DIGNITATE…* S’affranchir… dignement

VINCERE CUM DIGNITATE…*

S’affranchir… dignement

 

M’arrive souvent, aux ides de juillet,

De me couler entre les molles vagues

De cycles ondulés, et qu’élaguent

Les mers où se viennent mouiller,

 

Les barques d’exotiques tempêtes,

Dont la rage redessine les flots…

J’y dérive en plaidable gourdiflot,

En des résipiscences d’arpettes.

 

Bavent des tortionnaires sans repos,

Pressureurs lovés entre les canisses

Du cerveau, las d’inféconds sacrifices ;

N’en vois aucun au lever du drapeau,

 

Me délivrant des faux calandrages

Sous lesquels s’agite l’infernal ego

Tancé de la vindicte aux reflets albugo

Traversés du miroir sans cadrage,

 

Ciselé d’orfèvres ; leur maillet échancre

Du profil rehaussé d’irisation,

Nitescence flouée de l’émaciation

Cernée de vierges aux yeux d’encre.

 

M’arrive, au faîte des joies,

De m'étendre nu, sur le gazon humide,

En rêvant, d'atteindre La Pyramide

Du Ciel Protecteur, aux Pieds du Grand Roi :

 

Seul Souverain de ma vie de croyant

Affranchi _ mais toujours guerroyant.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 1 mai 2021

CAERULEUM SOMNIABUNT * Rêve bleu

CAERULEUM SOMNIABUNT *

Rêve bleu

 

Les rêves bleus s’achèvent, avant de revenir

Peupler de la vacance de nos souvenirs,

Les éphémères pauses, la molle inertie,

L’inaction passagère, en pointe d’autarcie.

Par-dessus la rambarde de lubies intenses :

Cauchemars qui souvent s’y condensent…

De pompeux éléments heurtent encor du songe,

Quand bâille l’onirisme, au flou du mensonge,

Les fâcheux entrelacs, ces lacis formatés,

Pour n’être plus l’étrange venant tenter

Le sujet amorphe, écrasé de couardises,

Le béjaune poissé, lesté de balourdises.

 

Les rêves bleus encartent à nos belles pages,

L’image retouchée d’un possible voyage.

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 30 avril 2021

ECCLESIA LATINA Curie latine

ECCLESIA LATINA

Curie latine

L’enfer naquît à Rome

 

Rome : Jézabel de nonces égarés

En la coulisse du Vatican trompeur,

Choira du piédestal, dont l’ont parée

La troupe de cardinaux pompeurs

Aspirant le fiel du pape, en la torpeur

Du clerc_ hélas ! _ sans s’en accaparer…

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

IMMARCESCIBLES INVENTIONIBUS* Immarcescibles quêtes

IMMARCESCIBLES

  INVENTIONIBUS*

Immarcescibles quêtes

 

Ne me repousse pas ! Vois, je viens de naître,

Me faut un sein pour étancher ma soif !

Ne me laisse pas ! L'orgueil qui te coiffe,

N'aura raison de mes rêves champêtres.

 

Je marche au nord de tes besoins,

Souriant au printemps à venir,

Pour dérider des ombres, sans les retenir,

Les traces déconfites dont l'univers est oint !

 

Chahutent les fièvres de ma solitude,

S'écorne encor matin, en la rosée farouche,

Diluée de mots dont s'engave ma bouche :

Iotacisme de phonème en sa rectitude.

 

Ne me laisse flétrir en l'hiver assassin,

En cet empire gris de désespérance :

Royaume fardé de manigances !

S'y meut l’ophidien dévié du bassin…

 

Montre-moi le chemin où poussent encor,

Au renouveau, d’efflorescentes saisons,

Rose, jasmin : girandole de floraison,

Fétuques, graminées, pourprées d'or !

 

Grisé du nard de ta lèvre gourmande,

Je défroisse tes larmes, en l’influx intense ;

Faut-il que j'en vienne, et sans ganse,

A crisper de l’ego, en la réprimande,

 

L'inusable bâti ? Dois-je de ces feintes,

Estoquer de ce double, la métisse réplique ?

Que nenni ! Ne suis, en ces suppliques,

Ni moi, ni un autre… n'aie crainte !

 

Je fais escale sur tes riches jachères,

Au vent nouveau… jour, et nuit ;

Et sans prétentions, j’embastille l'ennui,

Au raisonnable attrait, suppléé de la chair,

 

Pour, d'immodestes envies, d'accointances,

De voltes, de communes dérives,

Lier de l'idoine aux lubies additives,

L'apparat d'oblations, la prépotence

 

D'obséquieux caudataires aux flagorneries

De sujétion… est-ce ici, qu’ils survivent

Aux zélateurs dont les remords avivent

Les tièdes braises de la cagoterie ?  

 

Entoile-moi céans, d’élégie de lords,

Pantoum de ménestrels, rimes de trouvères !

En cette aubade ; bien sûr, entrouvert,

Mon cœur à nu, bâillera… et plus fort !

 

De nos étreintes auréolées d’éclats,

S'anime l’astre de la félicité… ferons

Du parhélie, nitescence certaine… irons

Au creux du baldaquin, vainquant les aléas

 

Du plaisir lesté de hanches pleines,

Son perméable fuseau , ce gracieux profil…

D’offensantes brumes, en l'aube, y défilent,

Pour voiler de nos corps, la forme souveraine.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 29 avril 2021

IRAE* Renouveau

IRAE*

Renouveau

 

Voici les premiers jours de mai ;

La rosée en affectionne_ vois-tu _

Les bourgeons éclatés par-dessus la ramée,

Et que frôle la bise l’ayant là, dévêtue !

Voici au renouveau, de nouvelles moutures

Finement émiettées du froment salutaire ;

Le fennec s’en approche, sous l’épaisse fourrure

Dont il lisse l’aspect herbageux du parterre !

Voici, le beau muguet, en l’allée parfumée

De flore romanesque, d’essences printanières,

Du sauvage lierre se laissant embaumer !

Elles troublent le lièvre enfoui, en tanière…

Me voici ! mains tendues, lèvres moites,

Posant à ton doux col, quelque baiser secret ;

Mes yeux caressent de ta face benoite,

Les mutines plissures du philtron discret.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

ALIBI AMORE… * Autre part… l’amour

ALIBI AMORE… *

Autre part… l’amour

 

Mélancolique, en de douces confesses,

A offert, aux moindres de ses mots,

Sans s’en restreindre jamais, les émaux

Du langage superbe, la tendresse

 

Consolant, en douces tarentelles, l’amant

Désabusé, en quête de reviviscence,

Le galant bafoué, sevré de récréance,

L’énamouré plaintif, défait de vains serments.

 

En l’éclat de munificences accorant l’ondine,

Gravit du frêle hunier, l’éclatante voilure ;

L’éveil de ses yeux clairs, de riches écartelures,

Semble réanimer l’arabesque aldine…

 

J’ai vu éclore la rose de son intime lie,

Naître au jour nouveau, étoilé de musiques,

L’imperceptible soif domptée en l’adonique

De métriques dactyles, quand l’âme s’en délie.

 

Pour enfreindre les règles de la retenue,

Ai posé des silences à sa ténacité, enquillant

De ses songes, le trépied… endeuillant

Malgré moi, de ses rires, le souffle ingénu.

 

Si vous la rencontrez au nord de LIYU YUAN,

Percluse, en la fragrance de topiques lieux,

Ivre d’exhalaisons en l’envol du courlieu,

Laissez-vous posséder du mythe de Ryoan !

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021