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vendredi 23 avril 2021

NECESSE REDITUS* Inévitable retour

NECESSE REDITUS*

Inévitable retour

 

Quand germera le malheur à venir,

Les hommes sevrés du réel repentir,

Les femmes piégées, iront s’abêtir

Sur les braises de vies sans avenir,

Le monde sera, pour l’espèce à bannir,

Un gouffre, dont l’âme ne peut s’abonnir.

 

Les enfants glisseront de l’épaisse margelle

Du temps en dilution… pleuvra sous le gel,

De plâtreux grêlons en pointes de pagel ;

La mort arpentera l’asphalte plastigel.

 

La faune repue du souffle gris des serres,

S’en viendra dégorger de l’insert,

De séquentiels miasmes, et qu’enserre

L’éréthisme d’incommodes ulcères.

 

La flore de Suzhou fanera en sa lie,

Riche d’acides telluriques, en l’aube pâlie ;

Jadis, elle parfumait de nos ciels de lit,

La majestueuse fronce aux rais de parhélie.

 

Souveraine, La Colère d’En-Haut éclipsera

Du cosmos en déclin, les damnés ; pressera

De l’organe atrophié, quand il angoissera,

Le purulent venin du bedon scélérat…

 

Ni jour, ni nuit… L’Eternité ouvrira de l’Eden,

Les majestueuses portes ; cerfs et daines,

Conquis de tant d’ivresses soudaines,

S’abandonneront au ventre des plaines,

Poseront sans aigreur, panse pleine,

Leur progéniture, hier, confite… en peine.

 

L’âme du racheté vivra au Ciel Vainqueur ;

Désormais déliée de grondements moqueurs !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 22 avril 2021

QUI ERAS, FIDELIS ! * Que n’étiez-vous, fidèle !

QUI ERAS, FIDELIS ! *

Que n’étiez-vous, fidèle !

 

 Etiez rebelle, réfractaire au silence

Dont on opacifie l’avouable douceur,

Confessant en l’avril l’agréable langueur,

Avant de s’adorner de vaines turbulences.

 

Il faut du temps pour vaincre du passé,

L’inclémence de ces jours consommés,

Peut-être d’années, sans m’abîmer

A franchir des stigmates, les degrés nuancés.

 

Dois-je de vos caresses, puiser contenance,

Vos rétifs baisers, juste le nécessaire ?

L’absence qui chaque jour, m’enserre,

Filtre de ma raison, la cruelle apparence.

 

Guidiez de mes pas en des matins froissés,

La candide démarche ; buviez de mes rires,

En la matutinale, avant que de rosir,

Appréciable nectar, cela, sans poisser

 

Des larmes, l’inutile reflux ; cueillions seuls,

De la tiède rosée, les diaphanes perles :

Translucides éclats calmant du merle,

Inconfortable prurit, indigeste éteule.

 

En de froids corridors, s’éventent mes arpèges ;

Le clavecin s’alune aux frimes immatures ;

N’ai de la musique, qu’infâme tessiture…

Aux notes d’un bruyant tempo de manèges,

J’accroche des portées, de subtils florilèges

Entrelacés d’envies, de souhaits… d’aventures.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

mercredi 21 avril 2021

VILLEGIATURE Etienne ROADA-GIL

VILLEGIATURE

Etienne ROADA-GIL pour F.H

 

Un mois de mer, un mois d'azur

Je suis en villégiature,

Un mois sans toi et puis tout oublier

Un mois de mer, un mois de cure

Je suis en villégiature entre passé,

Passion, passion, futur

Je vois venir un long voyage

Où l'on met l'amour en cage

Quand on l'entend trop fort, trop fort crier

Un mois d'été, un mois d'azur

Je suis en villégiature entre l'amour,

La peur et le passé

À quoi ressemblent les nouveaux murs

Sans lierre, sans laurier, sans futur,

Où l'on enferme les blessures

C'est un espace gris et blanc où

Personne au monde ne comprend

Que je suis en villégiature

Dans quelle chambre de passage,

Vais-je lire les plus belles pages

De ce poète suicidé ?

Un mois d'été, un mois d'azur

Je suis en villégiature entre

L’amour, la peur et le passé

Un mois de mer, un mois qu'assure

Je suis en villégiature,

Un mois sans toi et puis tout oublier.

 

SOLITUDINEM

SOLITUDINEM


Ma solitude est l'arbre où se meurent

Fleurs et ombres déchues au soir ;

Personne ne la connait plus ; j’ai peur

Des traces m’empêchant de m’asseoir.

 

C'est une terre aride, un désert

Traversé de mille souvenirs:

Ruines, chagrins, folles misères ;

Rien pouvant m’appartenir.


J’ai vu naître sous mes soleils éteints,

L’amertume de piètres lendemains ;

La femme fuirait de mon lugubre teint,

L’esquisse traversant ces chemins.

 

Ma solitude pose au revers des larmes,

Des perles entachées de regrets ;

D’avoir cru au bonheur, ai du charme,

Évincé les  feintes sans attraits…


Je crains qu’il faille des plaintes acerbes,

Des jérémiades, élaguer la rengaine,

De lascifs soupirs, de propos terbes...

Nulle issue en dehors de nos peines.

 

Ma solitude achève du col des années,

L’inexact reflet, l’exsangue nitescence…

Y dois-je voir en ces heures damnés,

L’exil claveté au pieu de l’absence ?

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021 


mardi 20 avril 2021

SUPERBIAM POTENTIUM* Puissants et arrogants

SUPERBIAM POTENTIUM*

Puissants et arrogants

 

Vous les puissants du monde en faillite,

Ne voyez-vous pas les bombes, les pavés ?

Prières, cris, psalmodie, credo ou ave,

N’ont pu taire la rage de peuples sans gîte !

 

Messieurs les princes de la plèbe nue,

Vous souvient-il des jours où l'innocent

Se faisait tuer, baignait dans son sang ?

Etiez comme lui, puéril, ingénu…

 

Le monde a faim et froid… il a peur,

De vos mensonges, de vos infamies…

Voulez dépolluer la terre, tuer l'ennemi ;

Cet ennemi, c'est vous les trompeurs

 

Embourgeoisés en la grandiloquence,

Quand l’âme agonise encor à l’étroit,

Où surnagent les manants sans toit ;

Dansent sur vos tombes, sans allégeance,

 

Les silènes raillant les tristes ministres,

Ces retors : bouffis récipiendaires ;

Se verront aux ides calendaires,

Relégués au rang de factotum, de cuistres

 

D'un état formolé de grèves, séditions…

La mort, en messagère, arpente les allées,

Détruit, pille, massacre… de vos mausolées,

Verrez les cités s'enflammer, les bastions…

 

S'écrouleront… impuissantes, à bout ;

Des créatures surgissant d'outre-lieu,

D’artères bondées… l'enfant prétendu pieu,

Pointera fusil, grenades… pieds dans la boue,

 

Cœur écorché, la haine pour armure…

Messieurs, qui pour vous, fera faction ?

Serez prisonniers de vaines délations,

Vous affaisserez, tel un fruit top mûr !  

 

Les villes de sang, les champs ruinés,

Profusion dont vous faîtes jouissances,

Seront désormais, en vos paissances,

Vomi composite, glaire minée ! … 

 

Chine, Maghreb, Europe, Afrique,

Contribuable armé, corvéable en éveil,

Refusent rogatons, boudent la treille

D'agapes, sous le tanin nitrique…

 

Ce cosmos s'éloigne du Ciel, se meurt,

Meurtri de colère ; il chancelle, est ivre

Du nectar des chefs ; ne veut plus suivre _

On le comprend ! les mises en demeure !

 

C'est la révolution : tout doit s'écrouler !

La guillotine est là, sur la Grand-Place,

Où la foule, qui de la reine, sans grâce,

De Louis, le pleutre, verra blackbouler

 

La décapitée… triste sire, triste fin...

L'insolent de la fière Amérique,

Verra son mur, à l’ubac du Mexique,

En buse, fondre sur ce dôme assassin.

 

Caracas boira son pétrole, par lampées ;

Le fief de Mao épiera de ses rides jaunies,

La folie drapant les honteuses manies

D'esprits toxiques s'y venant clamper !

 

Naîtra un autre ayatollah : tyran

Toujours serti de clichés de soufisme…

Orient, Occident, bagués de syncrétisme,

S'éventreront… Babel, au froid torrent

 

De la vanité, puisera le flux tiède :

Cette baille, avant que de roidir, enfin,

Quand tonne le chant des Séraphins

Entourant Le Vrai Roi ; Je Le concède.

 

Du Shéol, monteront des fumées

La conflagration de Paris en détresse…

La France bridera des organes de presse,

Journaleux, tabloïds désarmés…

 

S'affaisseront ministères et conseils,

Sénat et Parlement : entités sous le feu

De hordes butées, visage suiffeux,

Incendiant les fiefs tenturés de vermeil.

 

Il était une fois, un roi, puis deux, trois…

Ne prirent que trop tard, le pouls des gens ;

La gangrène du sorite s’encageant

De faux gages, le votant à l'étroit

Dans ce monde déchu… ce sinueux détroit.

 

A vous de jouer, messieurs les gouvernants,
Vous, qui de ce cerneau, figiez le nanan !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021