RUN POTEST*
Possible déshérence
La mort
est un tunnel au cœur même de la vie ;
Elle vient
s’allonger entre les côtes noires
De la
désespérance, puis, lentement, dévie,
Afin d’en
mieux dissoudre du laminoir,
La
pointe ébréchée du col de l’entonnoir,
Les dernières
larmes, les ultimes pleurs
Engourdis
sous les râles d’intenses agonies ;
La pâleur
du silence qu’entenaillent les peurs,
Ralentit
peu à peu, le faîte des gémonies…
Il pleut
d’autres dimanches, de nouvelles folies,
Qui du
sacramentel, peuplent de l’abstinence,
Rétentive
cadmie fuitée de froides lies,
Et qui
du panthéisme, divisent, en permanence,
Le zélateur
buté, l’athée, ivres de contenance,
Sans du
tropisme, affecter l’insipide homélie.
La mort
est une note sur le vieux clavecin
De l’existence
tierce… un refrain inconnu
Du naïf,
dont la nigauderie, à l’éveil du tocsin,
Pommade
à escient, la coulpe ; l’ingénu
Se fait
fort, puisque séduit, cœur à nu,
De l'aliéner
aux liturgiques pompes, à dessein,
Quand sombre
l’affidé... crève le parvenu.
A pile
ou face, sur la peau du sixain de kursaal,
En mise
de piquet de reversi, la mort se dilue,
Pour se
mieux fondre aux tripes abyssales
Du sujet
sevré de rédemption, qui, du talus,
Aux ascensionnelles
marches, fait escale,
Avant de
s’endormir au culte clérical
De pernicieux
doyens aux prêches vermoulus.
La mort,
en facétieux lutin, goguelin rusé,
Drape de
décorum l’ascétique doublon
De l’idoine
perclus de traditions, sans l’user,
Ni lui aimanter
l’âme aux débris de riblon…
C’est
un monarque froid, un fier podestat
Dont la
toge balaie les bribes de confort
Du serf
désenclavé, fuyant le tiers-état,
L’anachorète
voilé de peccavi, qui, sans effort,
Traverse
les méandres du fictionnel… plus fort,
Semble être
le sujet défait de desiderata…
La mort
a emprunté, sans impedimenta,
La route
de vieux songes allumés de bickford.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2020