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mardi 3 novembre 2020

SCIO*

 

SCIO*

Je sais

 

Je sais que la souffrance n’est point,

A ce que l’on nous dit, entre chien et loup,

Un puissant artefact, un mirage oint

De pessimistes clercs, comme vous, jaloux

De voir s’évaporer les volutes trop floues

Du croyant dont Seul, Dieu prend soin.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

… SILENTIUM SUMUS MORI !*

 

SILENTIUM SUMUS MORI !*

Silence… on se meurt !

 

Entrez sans faire de bruit ! Soyez sages,

Quand du chahut des âmes s’élèvent

Des mensonges, que peu à peu, encagent

Les superstitions !… au matin, nous achève,

Et sans mal, la religion dont la sève,

Imperméabilise l'esprit pris en otage.

 

Regardez se faner les chaisières de l’ombre,

Ces bigotes ridées du catéchuménat !

Leur sourire, ce leurre, est bien sombre,

En la glossolalie d’un credo de cognat…

 

Pétris de lourds sermons de désabusés,

De prêches d’archevêché, l'homme,

De l’ensoutané, emprunte, en adepte rusé,

Les trompeuses mimiques ; il fuit, en somme,

 

Les Célestes Promesses, pour l’apocryphe

D’encycliques romains ; ces parchemins mités

Rédimés de profanes, subtils hiéroglyphes

De vaticanes caves… font l’unanimité…

 


D’aucuns confèrent aux puantes formules,

Sans s’en désengager, une aura manifeste ;

Ciboire au bord des lèvres, le fervent émule

Renie même sa foi, puisant du palimpseste,

Aphorisme tronqué, maximes indigestes,

Ânonnés d’abbés tonsurés, nonces sous cuculle.

 

Venez, messieurs les trépassés, voir le caveau

Où de vous, les vers feront bombance !

Vos entrailles bâillées du glissant caniveau,

De l’ossuaire chaulé, ce charnier rance,

Empuantiront la soute, en-deçà du biveau.

 

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 2 novembre 2020

PARVUS*

 

PARVUS*

Petite

 

Petite, il fait soleil quand tu fermes les yeux ;

Vois, la lune se pose en douceur sur ta peau !

Attends que les nuages mordorent de bleu,

Tes yeux d’enfant sage, en ton regard si beau !

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

 

RUN POTEST*

 

RUN POTEST*

Possible déshérence

 

La mort est un tunnel au cœur même de la vie ;

Elle vient s’allonger entre les côtes noires

De la désespérance, puis, lentement, dévie,

Afin d’en mieux dissoudre du laminoir,

La pointe ébréchée du col de l’entonnoir,

Les dernières larmes, les ultimes pleurs

Engourdis sous les râles d’intenses agonies ;

La pâleur du silence qu’entenaillent les peurs,

Ralentit peu à peu, le faîte des gémonies…

 

Il pleut d’autres dimanches, de nouvelles folies,

Qui du sacramentel, peuplent de l’abstinence,

Rétentive cadmie fuitée de froides lies,

Et qui du panthéisme, divisent, en permanence,

Le zélateur buté, l’athée, ivres de contenance,

Sans du tropisme, affecter l’insipide homélie.

 

La mort est une note sur le vieux clavecin

De l’existence tierce… un refrain inconnu

Du naïf, dont la nigauderie, à l’éveil du tocsin,

Pommade à escient, la coulpe ; l’ingénu

Se fait fort, puisque séduit, cœur à nu,

De l'aliéner aux liturgiques pompes, à dessein,

Quand sombre l’affidé... crève le parvenu.

 

A pile ou face, sur la peau du sixain de kursaal,

En mise de piquet de reversi, la mort se dilue,

Pour se mieux fondre aux tripes abyssales  

Du sujet sevré de rédemption, qui, du talus,

Aux ascensionnelles marches, fait escale,

Avant de s’endormir au culte clérical

De pernicieux doyens aux prêches vermoulus.

 

La mort, en facétieux lutin, goguelin rusé,

Drape de décorum l’ascétique doublon

De l’idoine perclus de traditions, sans l’user,

Ni lui aimanter l’âme aux débris de riblon…

 

C’est un monarque froid, un fier podestat

Dont la toge balaie les bribes de confort

Du serf désenclavé, fuyant le tiers-état,

L’anachorète voilé de peccavi, qui, sans effort,

Traverse les méandres du fictionnel… plus fort,

Semble être le sujet défait de desiderata…

La mort a emprunté, sans impedimenta,

La route de vieux songes allumés de bickford.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 1 novembre 2020

STRUPRUM*

 

STRUPRUM*

Séduction

 

Je t’appelle, puis, m’enfuis de la sphère

Où les mots crachent un venin d’ascèse ;

Je resterai debout… vaillant ; n’en déplaise

A ceux qui, comme toi, quelquefois, s’indiffèrent

Du style, l’emphase, dont ne se peut défaire,

Le verbeux assouvi, le loquace, qui, à l’aise,

Trompe son auditoire, séduit en son repaire,

La louve alanguie… celle qu’il préfère.

 

Je t’appelle, avant que de me perdre ailleurs ;

Si douces sont les ombres, les chaudes aquarelles

Ne peuvent rehausser le trottoir des marelles,

Ni fasciner au soir, le casuiste railleur…

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 31 octobre 2020

PUERITIA VSTIONE PROUENIUNT*

 

PUERITIA VSTIONE PROUENIUNT*

Vaporeuse enfance

 

Sur un arbre perché, l’oiseau épie l’enfant

Qui voudrait devenir, en l’aube retenue,

Partenaire, en ces lieux modelés de la nue,

De cette créature dont le suroît pourfend

L’inflexible voilure, et qu’amadouent encor,

Aux nouvelles mâtines, les brumes argentées

Du triste paysage, sans grâce, ni beauté,

Roidi sous le feuillage d’un piètre décor.

 

L’enfant voudrait toucher cet astre de faïence

Dont l’escapade livresque anime en ses yeux,

Les spongieuses pupilles, et qui de ce soyeux,

Égrène peu à peu, l’étrange sapience.

Il a des mots purgés de lourds chagrins,

Les voudrait dévêtir de peines trop tôt couvées ;

Nul ne peut, en ce deuil, comme lui, retrouver

Des rêves d’innocence, les sillons pérégrins ;

 


Son cœur sait reconnaître de l’ivresse du jour,

Le parfum des frimas bercés du renouveau_

Captieuse essence déversée des vaux,

Quand la fragrance vient poser en ajour

Au col du clair azur, les rais enchevêtrés

Aux sélectives brises, en vogue sur l’Ether,

Et qu’accompagnent, soulevées de nos terres,

D’infimes poussières pleinement excentrées.

 

Riche de chaudes couleurs, sa pensée vagabonde,

Afin d’en diluer, au for de l'errance folle,

Cosmétique empreinte, vain onguent de fiole

Dont l’affect serti de vapeurs rubicondes,

Appréhende du rouge, les criardes nuances,

Exècre du carmin, comme de la fuchsine,

Les cerces violacées, l’infecte térébenthine,

Insidieux baume, liniment de résipiscence.

 


Sur un arbre perché… il se voyait pépier

Hors du nid, où l’oisillon quémande

Maigre pitance, pour de l’offrande,

S’emplir le fin jabot, et sans y perdre pied.

 

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 30 octobre 2020

FACIES ORBITALIS CIET*

 

FACIES ORBITALIS CIET*

Cailloux orbitaux

 

Elles brillaient au soir, allumaient

En nos yeux ravis, de chaudes étincelles ;

Se faisaient en la nuit, acclamer,

De l’astre-bohème soulevant la nacelle

Au-dessus des flots bleus, quand ruissellent

Les bruines s’y venant rétamer…

 

Ces pierres posées en fins cailloux de voûte,

Remorquaient des comètes pantières,

Le filet miroitant en-deçà de nos routes,

Le soyeux réticule et sa longe altière…

 

Aux canisses des fenêtres, les rais clairs

Diffusaient en doux tressauts d’éclairs,

D'infimes faisceaux balayés de vents

 

Marouflés aux murets de l’accon en partance,

Posés au faîte du navire, que balancent

Les vagues se brisant aux récifs du levant.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020