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dimanche 12 juillet 2020

IN TEMPORE*


IN TEMPORE*
Au rythme des saisons



Il est des jours de pluie, matins givrés ;
L’hiver empanache de son manteau,
Les plaines au pied des coteaux,
Les sentes aux marcottes cuivrées.

Il est des nuits d'orage ; soufflent les vents
Grimés de suie ; la lune s'y vient poser,
Auréolant des monts, en la belle rosée,
Des perles éclosent en se mouvant

Au sépale ; la foliole y délinéait hier,
Au printemps, le pistil lié à l'ovule
Où l’abeille perçait du pédoncule,
Le réceptacle dont les sucs amers

Enfiellaient le pollen à dissoudre
D’exhalaison, d’émotives caresses
De l'étrange ballast, sa rudesse
Dont les flots percent pour les émoudre,


Les crachins de lointaines contrées,
Sulfureuses broues d'atolls sénescents…
D’autres fragrances, en l'air phosphorescent,
Enivraient un peu plus, de l'adret,

La collerette, ce majestueux nimbe,
Diadème qu'enrouent les blizzards
Sous étuve… caloricité de bizarres
Plombées chues au soir, des limbes

Endeuillés : solstices de miroitement ;
L'automne-émissaire accuse résistance,
Embrumé de contraintes, complaisance
De mortes nues, mucus de larmoiement.



Aux saisons, s'éteignent du froid,
Les vapeurs de décembre algide…
S’étire l’avenue en des points apsides :
Écorce violentée du cosmos en décroît…

De la baie écaillée, sans paumelles,
Je bois du clair matin, l'infusion
De vivaldiennes rondes grimées d'illusions,
Le regard ébaubi, radiant mes prunelles.  






Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

samedi 11 juillet 2020

ET HINC IUSTI MEI*


ET HINC IUSTI MEI*
Je viens me vider


Ouvrez-moi, que j’aie dès l’aube,
Jouissance de vos saturnales ;
M'en viderai sur le pan de vos robes,
Sybarites d’immondes bacchanales !

Vous enfiévrez les gaupes du macadam,
Fascinées par le stupre, l’argent :
Gorgones faisant rougir la dame
En son foyer, défaite d’entregents.

Auxiliaire de la gent débauchée,
Usurpez des règles, fondements premiers ;
J’exècre du pédantisme dont vous mouchez,
L’obscur silène, savoir coutumier.

Dois-je aux agapes prendre part,
M'enfler de vos viles ripailles,
Enjamber l’arc de vos remparts,
Pour expulser mon flux d’entrailles

Sur vos cothurnes, céans, m’alléger
Des mélasses d’insatiables noceurs,
Ces minestrones par trop figés,
Apaisant bretteur, impayable farceur ?



Pour marcher à l'orée des prés,
Je survole du songe l’aura inviolée
D'hommes chassant  à courre ; de près,
J’entends hurler la meute dévoilée.

Que n'aurais-je donné pour du reclus,
Piéger de luttes assassines ce monde,
Cet abîme où d'ombrageux reclus
Détricotent du temps la folie immonde !





Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

vendredi 10 juillet 2020

VESTIGIA PECCATUM*


VESTIGIA  PECCATUM*
Vestiges du péché


S’entassent au coin de nos ruelles,
Restes rancis de la plèbe d’hier,
D’arsouilles ramassés à la pelle
En un jour sublimé de nos cimetières.

Ectoplasmes, spectres, barbares,
Ont de la morale excisé préceptes,
Tué père, mère, jouant les flambards,
Toujours grisés d’allégations ineptes.

Ont des cités, éventré murailles,
Lézardé parois, crochets de liaison,
Enterré sous décombres, entrailles
D’innocentes victimes... sans raison.

Mains sanglantes, franchi la barrière ;
Y paissent encor les ovins assouvis…
Damnés d’enfer, sans frontières ;
S’agitent, quand la rage sévit.


Chaque jour_ c’est vrai ! _ marchons
Sur les cendres de congénères, d’animaux
Dont l’homme brise vaillance… cherchons
La trace d'ancêtres ne pouvant dire mot,

Quand la maréchaussée accuse à tort…
Au pal des tortures, au pinacle d’orgueil,
Les soldats, s'ils se croient forts,
Sans du mal, du vice, faire deuil.

Voyez passer les fantômes de nuit
Quand l’âme s’écrie : vengeance !
Sera-ce au matin, en l’aurore enfuie,
La Divine Colère de L’Agneau qu’on offense ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020 

jeudi 9 juillet 2020

NOTORIO TESTIMONIO*


NOTORIO TESTIMONIO*
Évidences notoires


Sombrent, les souvenirs de nous,

Ces embrocations lubrifiant les us ;

Face à elles, nous plions genoux,

Face au relent tenace du tylenchus.


S'écaillent les clichés d’amours ;

Jadis, nous les supputions nôtres,

Au clair des lunes sans ajour,

Turquoise… j’en ai trouvé d’autres


Semblables aux terres où traîne

Le fier esclave asservit à l’onde,

Calmant de ses rugueuses chaînes,

La cruauté, ce mal-être que sonde


L'âme apprêtée de douteuses prières

Ânonnées d’iconoclastes chaisières 

Qui arguent en chapelle de pierre,

De fastidieuses coulpes de rosières


Évidées de supin, larmoyant de regrets

En madone de chaux, mains levées

Vers un ciel plombé: espace de grès

Semblable aux voûtes incurvées…



S’y noient à l’infini, râles placides,

Conciliabules, ridicules promesses

Fardées d’envies, dont chaque ride

Attise l’inéluctable vieillesse.


Cet amour prend d’autres raccourcis,

Étiole des joies l’impulsive béance 

De fougueuses étreintes, étrécies

Peu à peu de la luxuriance.



Semions parfois, au vent léger d’avril,

Chimères et sourires étanches,

Plaintives caresses... ces leurres subtils

Coulent encor la nuit, en avalanche


Sur la chair d’insatiables amants

Dont les reins arc-boutent la structure,

Durcissent des longs doigts-aimant,

Le désir sis là, sous la cambrure ;


 Flottent au soir, au gré des galbes nus

Chavirés du socle de tentation,

Remords, regrets savamment retenus,

Figés au seuil de la consomption ;


Lors, du regard ensilé, déviant,

S'éveille de la peau assouvie,

Le souffle court du hardi pluvian, 

Écalé de l'angoisse, sa pénible survie.  


S’il reste céans, des heures à diluer,

Te viendrai délier du passé réfractaire

Auquel la mémoire toujours engluée

Travestit d'artefact, sombres clichés d’hier.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020