ET HINC IUSTI MEI*
Je viens me vider
Ouvrez-moi, que j’aie dès l’aube,
Jouissance de vos saturnales ;
M'en viderai sur le pan de vos robes,
Sybarites d’immondes bacchanales !
Vous enfiévrez les gaupes du macadam,
Fascinées par le stupre, l’argent :
Gorgones faisant rougir la dame
En son foyer, défaite d’entregents.
Auxiliaire de la gent débauchée,
Usurpez des règles, fondements premiers ;
J’exècre du pédantisme dont vous mouchez,
L’obscur silène, savoir coutumier.
Dois-je aux agapes prendre part,
M'enfler de vos viles ripailles,
Enjamber l’arc de vos remparts,
Pour expulser mon flux d’entrailles
Sur vos cothurnes, céans, m’alléger
Des mélasses d’insatiables noceurs,
Ces minestrones par trop figés,
Apaisant bretteur, impayable farceur ?
Pour marcher à l'orée des prés,
Je survole du songe l’aura inviolée
D'hommes chassant à courre ;
de près,
J’entends hurler la meute dévoilée.
Que n'aurais-je donné pour du reclus,
Piéger de luttes assassines ce monde,
Cet abîme où d'ombrageux reclus
Détricotent du temps la folie immonde !
Armand Mando
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