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mardi 12 mai 2020

ADAPERTA APERIRE ? *


ADAPERTA APERIRE ? *
Ouvrons les volets !

Et nagent au clair azur, les mouettes ;
Virevoltent sous la nue pénétrée
De soleil, de mistral… au Prémontré,
Quand, ivre d’embruns, l’alouette

Quitte son nid, pour un ailleurs fouetté
De brises tropicales, un ciel pastel,
Sans brume ; là, les coques patelles,
Ces bernicles, guettent en vain l’été.   

Sur la vague, paressent hardiment,
Les reflets argentés de l’océane cuve,
Les friselis de la lave qu’étuvent
Les marins rescapés d'éléments

Bravés des tempêtes, molestés des flots
Pulvérulents et gris… impudique saucée !
Ouvrons les volets ! S’y viendront rosser
Les rescapés déconfits, en sanglots ;


S’y feront tancer la moinelle abecquant
La couvée, le passereau craintif
Au plumage coloré, sur le récif
Dressé aux premiers décans.

Des volets écaillés, je vois la masse ;
L’onde pénètre des mats, le rostre nu,
Le hunier battu de crachins retenus
De cyclones, d’aciculaires glaces.


N’est du printemps, aux songes corsés,
Que passerelle traversée parfois
De somnambules quiets… du beffroi
De forteresse, le levis se laisse forcer

De prestes gentilshommes figés
En l’enfonçure clownesque d’un bât
Sonnant grelots pour le combat,
A la brêle enserrant l'affligé.


Volent au lointain, Léviathan,
Oiseau bleu des tropiques, milan
Affamé, farouche guifette, goéland ;
En derviches, tournoient dessus l’étang ;

Là, les mufles sucent du hallier,
La rosée des jardins cuivrés,
Rutilantes perles, fade ivraie...
S’ébroue au large, la faune déliée.

Je clos des léthargiques rêveries,
Sans mal, l’étrange mimétisme ;
Il m’en souvient du mutisme
Trompeur de cette fauverie,

Des monstres gorge pleine,
L’œil en berne… je crains qu’il faille
De l'hydre aux rudes entrailles,
Plomber besace, et sans peine…



Je vois en demi-teinte, du passé,
Le sopor… ai beau me répéter :
L'incivil chichement apprêté
Est un roi déchu... En trépassé,

L’ego, du temps dilué, tue l’affect ;
Dois-je m’en faire ! Des volets
De la métempsychose, mon âme
Cette énergie, refoule de l’agame,
Le col asexué… peu s’en fallait
Que j’immolasse, en servile valet,
Ma vie rachetée à ce pal infâme.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

lundi 11 mai 2020

…EX OPTIMIS PESSIMI*


…EX OPTIMIS PESSIMI*
Du pire… au meilleur

Que j'aie aux sombres jours,
La force du mâle en l'évolution !
Viendrai, en vaillant troubadour,
Modeler de l'histoire, l'assertion…

Au soir, psalmodierai, grisé
Du nard du solennel idiome ;
Ferai à rires que voici, sans biaiser,
De la stichomythie, du référendum,

Argumentaire de lois rationnelles,
Riches de pragmatisme, cartésiennes ;
Amputerai enfin du traditionnel,
La berne de la gent stoïcienne.

Penchés au balcon des servitudes,
Étiez en senestres, loufiats de lord,
Factotums formolés d'hébétude,
En l'allée où pousse encor l'or ;


N'aviez que rogatons, poussières
De trésors ignorés de laquais,
De caméristes, de chambrières
Qui du cuissage, font grincer loquet.

Je m'offre ici, non en orgueilleux
Bedole, mais, herméneute du Roi,
Christ-Jésus, Le Seul, Le Merveilleux,
Dont le Calvaire sublime La Croix !

L'histoire vous semble accessible
Aux rumeurs de bousins apocryphes,
Du nonce aux murmures cessibles,
Sentencieux édits, hiéroglyphes ;

Ai fui des pénibles voltes, souvent,
Les permutations de catéchèse…
Moi, citoyen d'outre-lieu ! Survivant
De rogues, cul entre deux chaises.

S'allument en moi les brandons
De polymorphie; vaquant des vices
Dont hier, vous me fîtes don,
Quand la peur derrière les canisses

Trouble des conversions, l'attrait,
Aiguisant de la foi, le truisme,
Sans des lapalissades déparer
L'artificieux, sans sophisme.

A ma table d'invite, goûterons
A la treille vermeille; puis, seuls,
Irons sarcler les graterons,
De promiscuité, chiendent de linceul,

Aux noires fronces… vous suis fidèle,
En tous points, disponible ô combien !
Organdi d'infante, diaphane dentelle,
Voileront le tertre pubien,

Au matin, des filles au panier ;
Dans les prairies, exulteront enfin…
Il y aura du blé plein les greniers,
Le printemps meublera de la faim,

Les prés de Babylone, trop longtemps
Suspendue au faîte du passé: prairies
Où paissent outardes, daines, en l'autan ;
Fusent les bises délacées de Paris.

Laissez-moi dessouder le maillon
Le plus faible! Vivrez libre, heureux,
Sans du flou, comme l'écrivaillon,
Lier des mots, le verbatim ocreux !

Loin de Compostelle, de Berzée,
Nous prédicants, en Soldats de Dieu,
Ajusterons à l'âme, sans billevesées,
Le Céleste Cordon, l'Appeau mélodieux.

A l'heure dernière, sonnera La Trompette,
Dirons au Seigneur: Béni soit Celui
Qui vient en Ton Saint Nom ! Sois prête
Épouse… s'évincent les affres de nuit !




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

QUOD SPACIUM ! *

QUOD SPACIUM ! *
Que d’espace !

La route que j’emprunte s’effiloche,
Se perd en des méandres poudreux,
Anfractuosité du champ poudreux
Dont les rives lointaines accrochent

Au paysage insolent inconfort, gêne
Quand la rosée imbibe encor
Du clair cocon de nue, le décor,
Artefact au revers des plaines ;

Des rues crantées, les caniveaux
Empuantis refoulent des muances
Un tenace remugle ; sa pestilence
Accentue les flux de caniveau...

S’y égarent mes pas désenchantés,
Ma bohème, au faîte d’un espace
Détrôné du périastre et qu’enlacent
Les vents aux vexantes battées ;


Parfois de nos saisons ridées,
Fane la flore sans étamine ;
L'orage tonitrue, puis, fulmine
Sur la peau du cosmos trop bridé.

Que d’espace ! D’interlignes célestes
Sur la page des réminiscences !
Celles qu’il me convient, offensent
De mes lunes, les clichés agrestes

Survolant les monts dessillés, à l’aube
De phoniques éveils ceints de joies
Semblables aux fêtes ; l’Albigeois
En croisade, en honore le globe:

Faste, grandiloquence, rites
Lestés du zélateur sans ganses ;
J’eusse aimé de l'inconvenance,
Me défaire ; atteindre l’ivresse azurite.


Irai sans m’en faire jamais, semer
Aux cycles froids, d’écarlates soleils,
Spires teintées du lourd sommeil
D’enfants purgés du verbe "aimer"

De dives harmonies pénétrées
De douceur, senteur… de vie ;
Aimerais, heureux, boire, ravi,
A La Source, l’apothéotique attrait.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020

dimanche 10 mai 2020

PERDIDIT IN DELICTUM*


PERDIDIT IN DELICTUM*
Égaré en l'offense



Suis parti seul… reviendrai-je un jour,
Donner du lest à vos allégories,
Aux raisonnements veules, ces ajours
Enjuguant des sens, l'austère aporie ?

Je soulève les fleuves de l'âme,
Parfois, à l'orée de décembre,
Les pas désenchantés, du macadam
Où déchoient les miasmes de cendre.

J'ouïs au lointain, les volatiles ;
Butant aux parois de l'oubli
Dressées en ce décor futile,
Y nimbant tous les vents affaiblis.



Les noces dont Mars se fait fête,
Animent du périastre, aux solstices,
Les cailloux orbitaux, en émiette
De l'exosphère, les minces interstices ;

Sustentant, avant que de pâlir,
L'onirisme aux troubles viciés,
Aux angoisses voulant ameublir
Des jardins froids, les dissocier,

Jachères du temps en équilibre,
Brandes nouées de résipiscences ;
Que n'aurais-je donné pour être libre,
Loin des cris dénervés de sapience.

Ai rêvé en partant, que le silence,
Est, des mutations amères,
Imbuvable tanin d’abstinence,
Délié des brides métamères.

Me poserai nu sur la banquise,
Juillet m'étant insupportable ;
Moi qui l'ai dégustée en friandise,
Voici que je la crache sur vos tables !


Retenu au filin du sarcasme froid,
L'aplomb anoblit mon courage ;
Ne passerai au nord des sous-bois ;
Vomissant des fièvres, ma rage…


Serais-je un Maure d’Érythrée,
Las des rites du soufiste piégé
Du manichéisme du fier lettré,
Ce docte nous voulant assiéger.

Offensée de vaines échappatoires,
Ma vie s'ajuste au busc de l'histoire
Enviée du style déclamatoire
Absorbé des règles attentatoires.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2020