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jeudi 14 novembre 2019

SINUNT ARCANA ;*

SINUNT ARCANA ;*
Léthargiques secrets


Le saviez-vous ? Nos insomnies
Naissent de songes révélateurs ;
Ils impulsent en nous, des signes salvateurs
Qui souvent animent l'angoisse du déni ;

Elles roidissent l’éveil du nouveau-né,
Les lallations du gosse en l’allaitement ;
L’inconscient annihile du raisonnement,
Les puérils besoins, les caprices bornés.


L’âge, cet accusateur, affaiblit le sujet,
Il le veut rassurer aux aubes premières ;
Mande parfois en plénipotentiaire,
L'exécuteur voulant préempter les projets.

L’adolescent_ peut-être,  par ignorance,
Dénoue, en maugréant, les arcanes du temps ;
Il bat de l’aile aux ides d'un printemps
Éclos au cœur de la reviviscence.


Des secrets teintés de  vantardise,
Avions de nos pensées_ sans remords,
Défloré la constance, puis du mort,
Lacéré le suaire... ma foi, sans couardise ;

En sommes-nous conscients ?
Peut-on de la lucidité, aspirer convenance,
Sans vomir le fiel d'intolérance ?
Cet imposant ego lubrifie l’escient...

Je brise de l'orgueil, le superbe fronton,
Ce majestueux rostre, ce stylet de gloire...
Les punitives rides immolent l’illusoire
De la face poudrée _ puis, dilatent le ton

D'années aux sénescentes croûtes
Pendouillant du derme en lambeaux ;
Puis, la chair passe le flambeau
Au mourant écrasé de remords, et de doutes.



Léthargiques secrets, que n’aurais-je donné
Pour ranimer les brandons du passé !
Nos ivresses côtoient l’ombre des trépassés
Encavés de soupirs, de cris désordonnés.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

EXSPECTATIONE*


EXSPECTATIONE*
Attentes

De l'absence aux peurs, se durcissent les âmes,
S'écalent les blessures de nos funérailles ;
Les morts viennent combler de leurs frêles entrailles,
Les artères nouées, en deçà des écailles
Placées en entrelacs ; parfois, le cœur s'y pâme.

Et les hommes confessent en des mots sans vertu,
La haine, la rancœur… enfiellées de folie ;
Trépassent les éclats fardés de nitescence, l'embellie
D'un espoir brocardé… que nous n'aurions point tu.



Et les femmes avouent en des pauses coupables,
Avoir séduit le mâle sevré de parénèse… ce pleutre
Dont l'arrogance atténue de nos maximes neutres,
Le style désenchanté du couard indomptable ;



Flaccide, le pusillanime s'y vêt avec constance _
Larvaire sans audace, minable velléitaire
D'un coït bâclé, dont les nerfs pituitaires
Vomissent de l'alcool, le reflux d'abondance.
 
L'enfant nu sirote ce breuvage malsain :
Étrange mixture aux empyreumes baves ;
Qu'aurait-il, en ces mondes lardés d'entraves,
Si ce n'est du raisonnable, en un bruit de tocsin,

Le ressac d'adultères que balaieront plus tard,
Les lames d'un océan de vices, de lubricité…
Il n'est du passionnel, nulle duplicité…
Triste panorama de stupre, dont le fêtard,
A l'aube d'un jour de pluie, au cri de son bâtard,
Niera l'évidence; cette boue, doit-elle subsister ?



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

ACERBITAS ARTIFEX*



ACERBITAS ARTIFEX*
Acerbité d’artiste

Au sommet de mon art, dit l’artiste,
Là, s'y dilate la nue, je cueille
Des noires nuits, en-deçà des écueils,
D’improbables mirages hors-piste ;

Ils égaient en mes yeux, l’iris trop agressif
Pour teinter de mes pleurs, l’efficace coulure,
Noyer de l’atrabile, au for de sa blessure,
La sève d’amertume éveillée du passif.


De cette acerbité au fiel acrimonieux,
Se lient des mots engrossées de rumeurs ;
Tel l'onagre des parois où se meurent
Les vents, je franchis un pinacle sanieux.

Au col déclamatoire, scintillent ma barrette
De persifleur, mon camé de sultan
Trônant avec grâce_ ô vous m'en direz tant !
Au milieu de salves dont l'orgueil s’apprête

A clamper  la joie_ fût-elle passagère, l’extase
Grimée du rigaudon de cour au stellionat
Hypothéqué de l’âme, la transe de nirvana…
De la prosopopée bercée d’antonomases,

Mes pitreries musardent sans retenue,
Affectent de la palinodie, l’assurance floutée
D'un questeur perché ex-cathedra, envoûté
De riches ordalies si mal entretenues.



Je fais montre, il est vrai, de peu de réserves…
De la causticité, aux inciviles transes,
Mes libelles escrimes entoilent de constance,
Les mots emporte-pièces  dont se servent

L'académiste, le philologue buté bravant
De la sémiologie, l'ellipse d’un patois
Exsangue... la langue du lord matois,
Semble pour le rhéteur, un putrescible auvent

Aspiré du lettré en pleine démesure…
Cocasse, n’est-il pas ? Peut-être délétère !
Voilà du cloporte qui toujours s'affaire,
L'œuvre circonstanciée, la vraie littérature.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019