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mardi 3 octobre 2023

LA CAMPAGNE EN EVEIL

LA CAMPAGNE EN EVEIL

 

Ma campagne s’éveille aux aurores,

Quand le petit matin aspire la rosée,

Que se meurent les vents déposés

Sur la feuille figeant l’agréable décor.

 

Ma campagne ouvre larges auvents

Aux saisons embrumées d’automne,

Aux ides, qu’enrouent, monotones,

De diamantines bruines abreuvant

 

De la plaine, les majestueux sillons

Dessinés de herses, d’émotteuses

Au barycentre de faucheuses

Crantées, pipées des tourbillons.

 

Ma campagne est une île : estuaire

Dont la mer délace la sente herbue,

Déchire la tortille, que fourbue,

Longe l’espace effrayé du belluaire ;

 

Domaine aux portes de Plaisance ;

Jouxté de Périnelle… parfumée

De goyaves, tamarins, mangues humées

Du nasigère : flair prisant de l’enfance

 

Quiétude… se meuvent en son lit,

Primes pousses, drageons

Éclos en l’aube... premiers surgeons,

Stolons végétatifs voilés du ciel pâli.

 

Au chant de bondrées apivores,

S’étire mollement du point tellurique

D’un enclos aux tracées cupriques

De jachères, d’entailles limivores.

 

C'est un creuset où nichent encor

Les cendres d’un volcan en repos,

Soufflant la lave d’écumes sous la peau

D’un passé dont Saint-Pierre décore

 

Les ruines de riches domiciles

Devenues : pavés gris d’une histoire

Voilée de songes hallucinatoires,

De rêveries clivées aux fables indociles.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 2 octobre 2023

AU COEUR DU RENOUVEAU

AU COEUR DU RENOUVEAU

 

Faites-moi de la nue, aspirer volutes,

Que j'y voie du printemps à venir,

Les vents légers qu'aime à retenir

La grisaille garrottant la cuscute !

 

S’esbaudissent les plombées,

Au jardin de nos primes amours ;

La nature agrémente, sans détours,

Faune et flore du matin ébarbé

 

Des plaines ; là, le beau Philomèle

Perce du renouveau, l'ossature…

En l'écho bref des monts, l’égoutture

Fuse des collerettes, des glumelles.

 

Aux cycles champêtres : agrestes phases,

Se confondent, en de curieux ballets,

Les remous des côtes de Calais ;

S’y allongent, éblouis en l'extase,

 

D’agiles becfigues dont l’envol

Noue des brumes, les butyreux cernes ;

De cette lactescence, se gaudit la sterne,

S'époudrent les rémiges de la glaréole.

 

L'enfant, repu de tant de féerie,

Pave du jour, l'aura enchanteresse ;

Ses joies domestiquent de l’ivresse

Ceinte d'illusion, l'étrange hystérie.

 

Il pleut d'autres soleils, de lunes étoupées,

Aux larmes d'Astrée : virginale parèdre

D'un fief ruiné du déni de Phèdre,

Si de l'évocatoire nait la prosopopée.

 

En l’octobre, encloses de fragrance,

Les bulbilles s'ouvrent, sans retenue ;

Sous l'étamine, les gamètes ténus,

Modèlent des riches semences,

 

L'organe génésique, pour, du sommeil,

En aérer le cylindre glouton ;

S’y posent, des graminées, les boutons,

Défroissés… en la brise vermeille.

 

Redeviens, grisé de parhélie… marmot

Et qui, de la prairie, l’œil hagard,

Aux primales soufflées, s’égare,

L'iris attentionné… chut ! Ne dirai plus mot !!!


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 30 septembre 2023

A QUI PERD GAGNE

A QUI PERD GAGNE


Ce monde bafoué ploie sous la charge

De belliqueux prélats : vils saronides

D'un devenir, dont l’aïeul Pippinide

A noyée la ferveur… sous décharge,

 

Niée du luperque, la plèbe endormie,

Trépasse, malgré elle, aboutée

Aux mensonges : promesses floutées

D'un tiers-état benoît ; son accalmie

 

Berce le léthargique de la Rome papale,

Le talapoin d'asiatiques contrées ;

Leurs sesterces semblent éventrer

Le réticule d'insoumises vestales.

 

Le paroissien flatte des Bénédictines,

Plantureuse naïveté… de bigote...

D'un hideux fard, la mutique dévote

Suppliciée de Tantale : béguine,

 

Serve assujettie au séculier,

Moniale de prêches séducteurs,

Au renfloue de dogmes adducteurs,

D’apophtegmes de septemvirs liés.

 

Où va l'incrédule imbibé d'eau bénite,

Le pécheur en quête de prébende ?

Qui céans_ par force réprimandes,

Dresse pinacle aux fureurs caïnites ?  

 

Vassaux, suzerains, argumentent encor : _

Qui du roi, du fou, du vilain, ou du lord

Peut en ces resucées, se griser d'or

De caves dépouillées de pécores ?

 

Serves aux loges de licencieuses fuites,

Altèrent de la retenue, chaque soir,

Le codicille, et sans jamais surseoir,

Puisque reines trônant en l'inconduite.

 

Serfs, de guingois, en toge d'apparat,

Pénètrent du bourreau, la pensée

Aboulique de cul-terreux poussés

Au confessionnal de castrats :

 

Stériles capucinades ânonnées

De nasillarde voix ; anesthésie,

Pour atteindre la panse d'hérésie_

D’entrailles : ces boyaux malmenés...

 

Liturgiques tierces, cantiques d'office

D'abbés pédérastes, enjolivent de laudes,

Les allégations… aux antipodes

Des Mots du Christ-Rédempteur : Fils

 

Du Dieu Vivant… L'Adoption en confirme

Baptême, Sceau du Sacrificatoire ;

Jésus en prouve L'Authenticité, infirme

Du pape, le slang ostentatoire.

 

A jouer à qui perd gagne, l’indu

Confère au catéchumène_ hélas !

Mandorle, dont l'altérable trace

Ternit son âme, pour toujours perdue.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

 

jeudi 28 septembre 2023

A DEUX PAS DE PLAISANCE… MA RIVIERE (AUX PORTES DE PERINELLE)

A DEUX PAS DE PLAISANCE… MA RIVIERE

(AUX PORTES DE PERINELLE)

 

Rivière de mon enfance, onduleuse piste

Traversée du fretin, d’agile menuaille_

Faut-il, au soir, avant que je m’en aille,

Défriser de ton lit, en fier équilibriste,

 

Les revêches remous sous l’ajonc jaunissant ?

Dois-je, au clair de cette onde, pénétrer

La moiteur, qui du bassin excentré,

Entoile de la nappe, l’éclat phosphorescent !?

 

Coulaison empierrée, vois poindre, en l’aurore,

Aux tumultueuses ides, l’estivale soufflée

De la verte montagne, ses murmures renflées

S’y venant déposer en pointes bicolores !

 

Je venais caresser l’hydrique étendue, au jour

Se dispersant, s’émiettant de la bise… j’avais,

Pour t’enjôler de caresses, soulevé

De la masse, la roche dont l’imposant ajour

 

Camouflait le macroure, la glissante loche…

Faisait bon en ta lie réceptive aux étreintes ;

Me mirant calmement au miroir sans teinte

Reflétant la parure dénantie d’encoches,

 

S’ajustaient les brasilles d’actinotes calciques :

Superbe enjolivure d’un juillet vagabond…

Les heures qu’il m’en souvienne, par rebonds,

Délacent de mes flux, les songes autarciques.

 

Rivière, mon amie, mille fois, t’ai vu bâiller

D’inconfortables gênes semblant là, t’assécher ;

T’ai regardé pâlir, puis, renaître_ couchée

Sur la barlongue de spires mitraillées

 

D’un Phoebus, dont Apollon nie prouesses ;

Grisé de permanences, accoré à ta baille,

Me suis fait échevin, pour, au son de mitraille,

Percer de tes mystères, l’aura enchanteresse.

 

Rivière, mon intime, ma discrète cuvée : cépage

Au confort du velouté des rêves, étonne-moi,

Illusionne mon verbe, que j’aie, en cet émoi,

La fougue du poète fuyant la blanche page !

 

Dilués de fantaisistes larmes, s’ingénient

Au for de mes attentes, à me perdre, ces rires

Confisqués au stupide béjaune ; lors, du pire,

J’aspire convenance _ hélas ! _ sans déni…

 

A dupliquer la soif, de factices influx, ai brisé

De l’espoir, aux miennes solvées, l’algébrique

Equation… mes déshérences s’imbriquent

Au probables nuisances… peu à peu, dégrisées

 

De l’éther des clichés : aseptiques poncifs

De la gent pernicieuse… dame nature,

Jamais, n’offrira à son cœur immature,

L’éveil de rivières éloignées du récif.

 

Au tressaut de ma plume, pirouettent

D’infimes suées… en pointes décordées,

Amplifient de mon style, sans harder

De vains mots, les signes d’esperluette.

 

Rivière de l’enfance : inaltérable empreinte,

Je te dois, au silence d’ombres compliquées,

Le profil de mes joies sagement dupliquées

De vertus… dont l’euphorie s’est ceinte.  

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mercredi 27 septembre 2023

CANDIDE EMELINE

CANDIDE EMELINE

Si vous étiez amante, aux nuits éthérées,

D’un preste céladon, feriez-vous, ma mie,

Offense à mon appel ?... mon désir, insoumis

En ce legs, se doit-il, simplement, altérer ?

 

Ai, de vos mots d’emprunt, entenaillé l’audace ;

La pâleur de vos yeux en étrille promesses ;

Que ne vous ai-je dit, en d’intimes confesses,

Qui vaille, du réel, en éteindre traces ?

 

Mon cœur enraciné à l’arrogance vôtre, souffre

D’être, en l’étrange... camisole d’insert…

Ecrasés de chapka, nobles pensées sincères,

Ne sauraient convenir à cet horrible gouffre.

 

Dépalmé, hors du nid des serviles moinelles,

Mon deuil pourfend du vide le conceptacle,

L’entrelacs de l’algal dépourvu d’habitacle ;

Mes envies s’acclimatent d’ires pulsionnelles.

 

J’ai écouté mugir les chiennes de boudoir,

Au soir où les putains déplissaient l’hédonisme,

Défroissaient l’encolure du sybaritisme,

Pour calmer des fièvres, l’imposant accoudoir.

 

En des estaminets folâtrés de pétun, la nuit,

J'aurais pu m’égarer, sans contraintes,

Me noyer dans l’alcool, lumières éteintes,

Purger du malheur décaissable ennui.

 

Mes vœux vaquent ailleurs qu’en ces lunes

Eborgnées de solstices… je me sais démunir

Du vice des noceurs… car, sans appartenir

A l’altière noblesse, j’effeuille, une à une,

 

Les pompeuses éloges, en la catilinaire

De cicérones plaies, de doctes conjectures ;

Vous voir sous le pédonculé, immature,

Profanant de l’angoisse, ce glissant cnidaire,

 

Les radiales longes, émeut, puis, rassure

L’énamouré bafoué, en ce seul retenir,

Le lovelace brisé d’ignobles souvenirs ;

Ferai, aux heures creuses, censure

 

Du graphème pénétré de casuistique ;

Parlerai en des mots convaincants ;

Ignorerai des brèves, insolubles décans

Portés avec grâce, au-delà du caustique ;

 

Draperai la faconde de translatoires mues ;

Pour vous, oserai des syllabiques iambes,

En arabesques, placer le dithyrambe,

Au faîte de l’éloge… voyez ! j’en suis encor ému…  

 

Et, si de l’incompris, j’actionne la targe,

Ne faites_ je vous prie, montre d’outrecuidance !

Le spleen qui m’anime, dénoue de l’expectance,

Le prétentieux concept… à décharge.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023