Ma campagne s’éveille aux aurores,
Quand le petit
matin aspire la rosée,
Que se meurent
les vents déposés
Sur la feuille
figeant l’agréable décor.
Ma campagne
ouvre larges auvents
Aux saisons embrumées
d’automne,
Aux ides,
qu’enrouent, monotones,
De diamantines
bruines abreuvant
De la plaine,
les majestueux sillons
Dessinés de
herses, d’émotteuses
Au barycentre
de faucheuses
Crantées,
pipées des tourbillons.
Ma campagne est
une île : estuaire
Dont la mer
délace la sente herbue,
Déchire la
tortille, que fourbue,
Longe l’espace
effrayé du belluaire ;
Domaine aux
portes de Plaisance ;
Jouxté de
Périnelle… parfumée
De goyaves,
tamarins, mangues humées
Du nasigère :
flair prisant de l’enfance
Quiétude… se
meuvent en son lit,
Primes
pousses, drageons
Éclos en
l’aube... premiers surgeons,
Stolons
végétatifs voilés du ciel pâli.
Au chant de
bondrées apivores,
S’étire mollement
du point tellurique
D’un enclos
aux tracées cupriques
De jachères,
d’entailles limivores.
C'est un
creuset où nichent encor
Les cendres
d’un volcan en repos,
Soufflant la
lave d’écumes sous la peau
D’un passé
dont Saint-Pierre décore
Les ruines de
riches domiciles
Devenues :
pavés gris d’une histoire
Voilée de
songes hallucinatoires,
De rêveries
clivées aux fables indociles.
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2023




