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dimanche 16 mai 2021

ET CAVALIER* Le cavalier

ET CAVALIER*

Le cavalier

 

Laissez-moi courir, laissez-moi!

Je suis ce cavalier qui traverse

Les champs, lorsque au soir, larmoie,

L'azur défiguré sous la crue d'averses.

 

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

HAEC MOVENT…* Elle… émoi

HAEC MOVENT…*

Elle… émoi


Avions du temps, quelquefois,

Supporté inclémence… peureux,

Lors, que les mots douloureux

Agressent de l'intime, et l'esprit, et la foi.

 

Avions de l'enfance, en méditatifs,

Refondu les tons, modelant des heures

Minutes et secondes, quand la peur

Sermonnait tous nos transports plaintifs.


Elle enjôlait, sous d'ardentes fièvres,

L'infantile émoi, le candide tourment ;

Sa beauté profanait des serments,

L'estime obombrée de nos lèvres.


Engainant du doute, la perplexité

Du paraître au tertre de l'ennui,

Sa cognition emmargeait de nuits

Clivées aux morgues indomptées.

 

Du secret mutin, au dévergondage,

Son poreux souffle, du compendium,

Vêtait de mystère le riche décorum

D'implexes joutes ceintes d'adages.

 

Je m'étais aux plinthes de son nu,

Posé, sans dénaturer en l'espèce,

Le sublime antébois, que dépèce

L'ossature superbe, l'esquisse retenue.


Liées, nos ombres souveraines

Plissaient du déjà-vu, l'ensellure

Affectant du désir, les murmures,

Le taraudant coït, sa rengaine


Qui du col pubien,  au suave hymen,

Humecte de la glaire, les spasmes

Encordés à ce pesant marasme

Par trop repu de gamètes gramen.

 

L'adolescence intronise en ces tares,

Au vice pommadant l'incivilité,

Des reflets satinés dont la fébrilité

Agrémente en l'état, l'étrange avatar.


Faut-il des matins emperlés de rosée,

D'autres printemps évincés de l'errance,

Pour enclore des riches manigances,

L'aventure mitée, sa dérive drossée.

 


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

samedi 15 mai 2021

STANS ! Debout !


STANS !

Debout !

 

Réveillez-vous la vie ; il est temps

De fleurir de l’âme les jardins suspendus !

Réveillez-vous l’envie, les perdants

Bannissent du désir, tous les malentendus !

 Réveillez-vous l'histoire, quand l'autan

Souffle sur les eaux, et que l'inattendu

Perce le long silence du pénitent tendu !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

CARNE VESCUNTUR PREDATOR* Prédatrice carnassière

CARNE VESCUNTUR PREDATOR*

 Prédatrice carnassière

 

 

Ne faites de l'homme qui soulève jupons,

Libidineux squale de royaumes perdus !

Voyez de vos appâts caressés des fripons,

L’insolence lustrée de vains sous-entendus !

Enfouie au corset d’invites, dressiez table

Au fringuant hédoniste… vos callipyges lunes

Dénervées de Rubens, offrent coches louables,

Impulsant au plus fort de l'ébat, lacune,

Incertaine jouissance… que ne seriez-vous pas,

La poupée fardée, séductrice en ces lieux

Poncés d’ignobles harengères_ n’est-il pas !

Ambitieuse, enjôleuse, conspuée d’envieux !

Vos seins lourds claquent l’amant répudié ;

Quêtant d'apodictiques désirs incisifs,

Quelque malsain frimas, inondant sine die,

Des spongieux capitons, le gosier abrasif,

Fouillé de suaves bordées, quelquefois,

Retenu de l'antre de gräfenberg ; fuse

De ce geyser, la clase génitale... ce froid

Corridor sanglé d'anhélations diffuses.

 *

Ne laissez transir du vieux cœur plaintif,

L'acrotère muscle ! Déviez de la sente

Encagée en ce mal pour le moins incisif !

Votre corps inhibé de serve, au soir, enfante

Malgré vous, douteuse luxuriance écernée

De l’éthique, la concise morale aiguisée,

La pleine retenue, peu à peu, détournée

D'êtres dont l'impudence, semble méprisée !

Je vous plains, du seuil des privautés ; jadis,

Des concupiscences, pavèrent le raisonnable,

Nimbant à tort, les mielleuses blandices !...

Châtrerai pour vous plaire, l'indomptable !

Engerberai sans mal, de l'ultime excès:

Lubricité gaussée du flux de l'insuccès !

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

vendredi 14 mai 2021

QU’EN AVEZ-VOUS FAIT Marcelline Desbordes-Valmore

QU’EN AVEZ-VOUS FAIT

Marcelline Desbordes-Valmore

Vous aviez mon cœur,
Moi, j'avais le vôtre :
Un cœur pour un cœur ;
Bonheur pour bonheur !

Le vôtre est rendu,
Je n'en ai plus d'autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !

La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L'encens, la couleur :

Qu'en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu'en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?

Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,

Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !

Savez-vous qu'un jour
L'homme est seul au monde ?
Savez-vous qu'un jour
Il revoit l'amour ?

Vous appellerez,
Sans qu'on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !...

Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte ;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.

Et l'on vous dira :
« Personne !... Elle est morte. »
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ? 

Marcelline Desbordes-Valmore

OBVIOUS BET* Evidente mise

OBVIOUS BET*

Evidente mise

 

O victorieuse mise de mon cœur éploré,

Que n’aurais donné pour t'encor insuffler

Des primes cris d’amour, et sans en efflorer

La précieuse cerce, et sans en maroufler

De l’indistinct insert, la hideuse façade,

L’inutile fronton, ce vexant ornement

Epié du soldat piégé aux barricades

Cernées de mitraille, délestées d'armement !  

 

 Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021

jeudi 13 mai 2021

QUE NENNI !

QUE NENNI !

 

Aurais-je fait invite aux plantureuses nymphes,

S’en m’en apercevoir ? aurais-je donné du lest

A mes désirs floutés, quand s’écoule la lymphe

De ce sang que je porte, et que ma vie atteste ?


 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021