Le cavalier
Laissez-moi courir, laissez-moi!
Je suis ce cavalier qui traverse
Les champs, lorsque au soir, larmoie,
L'azur défiguré sous la crue d'averses.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Le cavalier
Laissez-moi courir, laissez-moi!
Je suis ce cavalier qui traverse
Les champs, lorsque au soir, larmoie,
L'azur défiguré sous la crue d'averses.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Elle… émoi
Avions du temps, quelquefois,
Supporté inclémence… peureux,
Lors, que les mots douloureux
Agressent de l'intime, et l'esprit, et la foi.
Avions de l'enfance, en méditatifs,
Refondu les tons, modelant des heures
Minutes et secondes, quand la peur
Sermonnait tous nos transports plaintifs.
Elle enjôlait, sous d'ardentes fièvres,
L'infantile émoi, le candide tourment ;
Sa beauté profanait des serments,
L'estime obombrée de nos lèvres.
Engainant du doute, la perplexité
Du paraître au tertre de l'ennui,
Sa cognition emmargeait de nuits
Clivées aux morgues indomptées.
Du secret mutin, au dévergondage,
Son poreux souffle, du compendium,
Vêtait de mystère le riche décorum
D'implexes joutes ceintes d'adages.
Je m'étais aux plinthes de son nu,
Posé, sans dénaturer en l'espèce,
Le sublime antébois, que dépèce
L'ossature superbe, l'esquisse retenue.
Liées, nos ombres souveraines
Plissaient du déjà-vu, l'ensellure
Affectant du désir, les murmures,
Le taraudant coït, sa rengaine
Qui du col pubien, au suave hymen,
Humecte de la glaire, les spasmes
Encordés à ce pesant marasme
Par trop repu de gamètes gramen.
L'adolescence intronise en ces tares,
Au vice pommadant l'incivilité,
Des reflets satinés dont la fébrilité
Agrémente en l'état, l'étrange avatar.
Faut-il des matins emperlés de rosée,
D'autres printemps évincés de l'errance,
Pour enclore des riches manigances,
L'aventure mitée, sa dérive drossée.
Debout !
Réveillez-vous la vie ; il est temps
De fleurir de l’âme les jardins suspendus !
Réveillez-vous l’envie, les perdants
Bannissent du désir, tous les malentendus !
Réveillez-vous l'histoire, quand l'autan
Souffle sur les eaux, et que l'inattendu
Perce le long silence du pénitent tendu !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Ne faites de l'homme qui soulève jupons,
Libidineux squale de royaumes perdus !
Voyez de vos appâts caressés des fripons,
L’insolence lustrée de vains sous-entendus !
Enfouie au corset d’invites, dressiez table
Au fringuant hédoniste… vos callipyges lunes
Dénervées de Rubens, offrent coches louables,
Impulsant au plus fort de l'ébat, lacune,
Incertaine jouissance… que ne seriez-vous pas,
La poupée fardée, séductrice en ces lieux
Poncés d’ignobles harengères_ n’est-il pas !
Ambitieuse, enjôleuse, conspuée d’envieux !
Vos seins lourds claquent l’amant répudié ;
Quêtant d'apodictiques désirs incisifs,
Quelque malsain frimas, inondant sine die,
Des spongieux capitons, le gosier abrasif,
Fouillé de suaves bordées, quelquefois,
Retenu de l'antre de gräfenberg ; fuse
De ce geyser, la clase génitale... ce froid
Corridor sanglé d'anhélations diffuses.
Ne laissez transir du vieux cœur plaintif,
L'acrotère muscle ! Déviez de la sente
Encagée en ce mal pour le moins incisif !
Votre corps inhibé de serve, au soir, enfante
Malgré vous, douteuse luxuriance écernée
De l’éthique, la concise morale aiguisée,
La pleine retenue, peu à peu, détournée
D'êtres dont l'impudence, semble méprisée !
Je vous plains, du seuil des privautés ; jadis,
Des concupiscences, pavèrent le raisonnable,
Nimbant à tort, les mielleuses blandices !...
Châtrerai pour vous plaire, l'indomptable !
Engerberai sans mal, de l'ultime excès:
Lubricité gaussée du flux de l'insuccès !
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021
Marcelline Desbordes-Valmore
Vous
aviez mon cœur,
Moi, j'avais le vôtre :
Un cœur pour un cœur ;
Bonheur pour bonheur !
Le vôtre est rendu,
Je n'en ai plus d'autre,
Le vôtre est rendu,
Le mien est perdu !
La feuille et la fleur
Et le fruit lui-même,
La feuille et la fleur,
L'encens, la couleur :
Qu'en avez-vous fait,
Mon maître suprême ?
Qu'en avez-vous fait,
De ce doux bienfait ?
Comme un pauvre enfant
Quitté par sa mère,
Comme un pauvre enfant
Que rien ne défend,
Vous me laissez là,
Dans ma vie amère ;
Vous me laissez là,
Et Dieu voit cela !
Savez-vous qu'un jour
L'homme est seul au monde ?
Savez-vous qu'un jour
Il revoit l'amour ?
Vous appellerez,
Sans qu'on vous réponde ;
Vous appellerez,
Et vous songerez !...
Vous viendrez rêvant
Sonner à ma porte ;
Ami comme avant,
Vous viendrez rêvant.
Et l'on vous dira :
« Personne !... Elle est morte. »
On vous le dira ;
Mais qui vous plaindra ?
Marcelline Desbordes-Valmore
Evidente mise
O victorieuse mise de mon cœur éploré,
Que n’aurais donné pour t'encor insuffler
Des primes cris d’amour, et sans en efflorer
La précieuse cerce, et sans en maroufler
De l’indistinct insert, la hideuse façade,
L’inutile fronton, ce vexant ornement
Epié du soldat piégé aux barricades
Cernées de mitraille, délestées d'armement !
Armand Mando
ESPARTERO© copyright 2021
Aurais-je fait invite aux plantureuses nymphes,
S’en m’en apercevoir ? aurais-je donné du lest
A mes désirs floutés, quand s’écoule la lymphe
De ce sang que je porte, et que ma vie atteste ?
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2021