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samedi 14 octobre 2023

DOLENTE CONCRETION

DOLENTE CONCRETION


N’ai point vu mon enfance, au bout de l’allée

Où poussent au matin clair, les rires ingénus ;

Estropiée, la mienne fuyait, trotte-menu,

Les pierreuses escales me voulant isoler.

 

Mes larmes firent confesse de déshérence ;

Sans implorer du deuil de la déconvenue,

L’immuable fixité, ai, des sentes ténues,

Emprunté chaque longe… l’apparence

 

Talquait de mon parcours funestes échos ;

Ointe de solitude, ma jeunesse clivait

Aux ternes exutoires d’instables dérivées ;

Mes yeux en effaçaient les reflets afocaux.

 

Au fond de ce puits où fermentent les rêves,

La gêne actionnait l’engouffrée passagère…

Bercée de songes creux, que l’onirisme gère,

L’angoisse dénaturait mon immature sève.

 

Rejetée hors la lie de doucereuses plaintes,

La mienne gerbée se peu à peu, fanait ;

Que n’aurais-je donné, pour ne point profaner,

De la beauté des choses, l’efficace empreinte !

 

Ivre d’incertitudes, du fiel d’apparences,

Ma dégaine plombée s’effilochait en l’aube ;

Rassénérée, mon âme, de vœux probes,

S’était faite soumise… ceinte de tolérance,

 

S’accouplait à la soif de connaître Dieu :

Rédempteur béni : Eternel, L’Unique

Qui, en Jésus, derrière La Tunique,

S’offrait pour mes péchés, sans du dispendieux

 

Accorder résonnance… c’est ainsi_

Quae beatitudo* ! Ce Devenir, en l’espèce ;

Injustement puni, innocent que dépècent

Les adultes replets tallant les raccourcis…

 

J’étais ce triste hère de lointains alizés…

Je fus _ sans contredit ! _ mouton noir

D’une caste ajustée au glissant laminoir

De l’autosuffisance… je suis ce méprisé…

 

Ai, désormais pour unique famille…

Hoc est quomodo** ! Mon Seigneur adoré ;

Christ, mon Seul Amour… d’aurores mordorées,

Aux nuits écarlates, sans mal, s’éparpillent

 

L’ascétique broue de mes hontes liquides ;

Des bermes contraires, Vivamus spiriti***,

Je talonne d’hier, les flaques empuanties :

La mire, où l’enfant se fagote de rides.

 

*quel bonheur !

**c’est ainsi !

***esprit vif

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

vendredi 13 octobre 2023

HISSES AU MÊME FAÎTE

HISSES AU MÊME FAÎTE

 

 Je ne peux rien dire, que, déjà, Manon,

Aujourd'hui, tu ne saches_ c'est vrai !

Mes joies asphyxiées survivraient

Aux ruines, si le fragile pennon

 

Au faîte de la gloire, avec ardeur,

Survivait… toi et moi, avions

De l'absolu, raclé des colluvions,

Les miasmes du vice… sa fadeur.

 

De nos corps liés au baldaquin,

Aux croches d'altiers céladons,

Le temps, sans amour, fait don,

D’un bonheur indompté du faquin,

 

Ralentissant de ses vires passives,

La sienne chair immolée du confort

D’assisse d’un ballet : contrefort,

D'itératif écho… en sa pleine dérive.

 

Aux sanguinaires rixes fardées

D'adultisme, s'étrécit de l'ivresse,

La douceur de l'exsangue paresse,

Dont jouit l'amant au profil brocardé.

 

À l’haussière, de remous, en roulis,

Nos dégaines bâchent du courant,

Les chahuts, parfois, en parcourant

Des lascifs ébats, les canaux désemplis

 

D’ardeurs proches de l'extase

De mutins sophistiqués d'affect ;

Céans, en ce notionnel, le concept

Octroie indulgence… sans emphase !

 

Suborneurs de la gent moralisatrice,

Avions emmurés de contraintes liées,

L’ordalie, tels cerbères au palier

D'un enfer jouxtant l'âme rédemptrice.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

jeudi 12 octobre 2023

E LA NAVE VA (Et vogue la galère)

E LA NAVE VA

(Et vogue la galère)

 

J’avance entre les cannelures du temps_

Fier d’avoir évincé du passé, le tumulte ;

S’en fallait du courage, pour de l’insulte,

Me défaire sans mal… en battant,

 

Ai poursuivi les lâches de la sédition ;

En coadjuteurs d’oligarques véreux :

Caciques corrompus au regard séreux ;

Roulent carrosse, ceints d’ostentation.

 

J’éparpille des vieux souvenirs, les bribes

De ces jours prétendus salutaires…

D’aucuns disent de ces pontes sectaires :

Ils portent estocade, formolé d’imbibe,

 

A l’encorné de licencieuses mises… pourtant,

Le stupre englue leurs larvaires gestiques,

Ces ignobles Bacchus enivrés au portique

D’oiselles déplumées… au rets de mutants.

 

Egratigné aux ronces des prévaricateurs,

Défiguré, dégradé en l’espèce, me suis fait,

Moi, mol énergumène au bâti de méfaits,

Métaphraste, concepteur nié d'auteurs,

 

Qui du goût ignore l’exégèse… de la philologie,

Ces piètres copistes méprisent la syntaxe,

Enfiellent la sémantique… se peu à peu, désaxent

De l’habile grammaire… de la démagogie,

 

Fiers, s'empanachent… le flou des glorioles,

Au-dessus de ces caps, attise parhélie….

Au fort de l’embarquée, jugulés de délits,

Tanguent sur l’océan que la lame encolle :

 

Cette mer dont s’harmonisent aux soirs,

Les nitescents reflets d’azurages faisceaux,

Et qui de la vacance en défausse l’arceau,

Est l’image du fascinant voussoir.

 

Aux possibles combines de la rhétorique,

Me suis désarçonné… lors, du bel atticisme

Epuré du sabir des fats, sans sophisme,

M’imprègne de la lie du nard académique.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

OPINIÂTRE BLESSURE

OPINIÂTRE BLESSURE

 

Vont, viennent sur la berge d'automne,

Nonchalamment, repus de souvenirs :

Remembrance, clichés, et qui tonnent

En l'oubli des matins à bannir.

 

Les mots chavirent de leur gorge insane ;

Diluée, s'efface encor de leurs yeux,

En cette déshérence, l’audace profane

D'amants nus, interdits de hauts lieux.

 

Bruinent alors, d'impudiques silences

Aux cadences larvées de truisme ;

S'y effeuillent de l’agonie, l'absence :

Fatale desserte… au seuil de l'angélisme

 

Conférant en l’état, nimbe d'incertitude,

Fuite modelée, non-dits, insolvabilité

De l’âme déviée… huées des multitudes ;

L’édifiant en décote l’absoluité.

 

Il y aura, au détour d'une route,

L’écorchure de l'arcade blême,

D’un vivatissimo : violente déroute

De nasillarde voix ; tel anathème,

 

Engrossé de palpables chagrins, niés

D'effectives blessures animales…

L’ascétique en torture, pris au hunier

D'esquif, les soufflées hiémales.

 

J’y vois s'effilocher du factice désir,

Un amour de passage, au pinacle

Gelé de l'inconditionnel, seul, gésir

Sans révérences, en semonce d'oracle…

 

En mes rimes, l’iambique substance

Tanne de son cru, la lie : sédiment

De ferveur au flux d'outrecuidances

Ajustées au rivet du tourment ;

 

L’encanaillé en active l'idiolecte,

Aux doutes notables_ pourquoi pas (!?)

Arguties, sophisme, du vexant intellect

Obéré de sages mus en catoblépas.  

 

Vont, viennent sur berge d'automne,

Épuisés de n'avoir su, dès l'aube,

Pincer cotillons, aux flous monotones

Dupant la gent au dialecte probe.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

 

mercredi 11 octobre 2023

RÊVES CLOS

RÊVES CLOS

 

Il fait encor soleil sur la peau de mon rêve ;

Les rais blonds qui l’enserrent dépistent

De mon spleen, et afin qu’elle subsiste,

L’inénarrable joie, en coulure de sève.

 

J’imagine des îles peuplées d’hamadryades

Se mourant chaque jour au pied du tilleul ;

Des atolls essaimés de nos vaillants aïeuls,

Et qu’enrouent les ventées de fragiles rades.

 

Il fait jour, au tertre de l’humide éveil ;

J’en contemple, sans m’en plus évincer,

Les perles conglobées de spires nuancées

Dont la rosée fait fête aux primes veilles.

 

Je suppose un courtil égrené des solstices,

Une terre réglisse, au sortir de l’enfance ;

S’y viennent poser, délestés de muance,

Les chérubins de l’aube… en sa déplisse.

 

Mes fleurs, de fragrances perlées, captivent

Le tendron de romances figées… j’écoute,

Des grelots de son cœur, fondre l’égoutte

De ses rires feutrés… s’y lentement activent,

 

De délicates offres, aux murmures conquis,

De conciliabules enrobés de promesses :

Chuchotis d’odalisques feintées d’allégresse,

Au tapis d’un harem d’altiers Abénaquis.

 

J’espère un long rivage foulé d’énamourés :

Plage sertie de fins cristaux… l’océan

Viendrait mordre l’empreinte du géant,

Effanée sur le sable de glaireuses marées.

 

Ma bélandre ajusterait des flots, la rainure ;

La lame viendrait moudre les friables crachins,

Egruger des bruines lavant le fraîchin,

Le diaphane flux d’atomes halogénures.

 

Je perçois, des songes, la réelle butée

Insérée aux bermes d’outre-lieu ; peut-être,

Aux oniriques talles du perfide paraître,

Avant que d’hiberner aux ides permutées.

 

La richesse de folles errances_ hélas !

Fige de l’intestat, la frêle maladresse…

Que n’aurais-je, en ces molles détresses,

Etuvé la réserve dont je me matelasse !

 

J’ai peur d’avoir mûri, aguerri, insolvable,

Au soleil de lointaines contrées… dois-je, là,

Lier de l’adolescence, d’autres aléas : éclats

De mandorles, pour le moins discutables ?

 

Si mes nuits font bombance en d’appréciables

Noces de fantaisistes clercs, pourquoi_

Direz-vous_ jouer les porte-croix,

De scéniques barbares ? de ces justifiables,

 

N’aurai_ je vous l’assure ! _   moindre excuse ;

Ne suis de ceux qui_ de la concomitance _

Dénerve chaque fait (…) en l’instance,

Je fais montre, sans la moindre récuse,

 

De parcimonie… j’entoile de tons brefs,

Au for du réceptif, l’exacte propension…

Le méchef, en ces joutes de prétention,

Ne point atteint solve de mes griefs !

 

Réveille-toi, mon ombre… il fait matin !

Les rixes du pompeux cauchemar cognent

Sur ma superbe… l’étrange, de sa rogne,

Vient déplisser ma mue… s’il atteint,

 

Du faîte, l’exutoire, d’aucuns diront :

Mando a pris le large, en marin désœuvré,

Tel pusillanime engavé de l’ivraie

De champs ; y blêmissent les fanfarons :

 

Pédants enkystés de licencieuses vaques…

Lors, verrai s’altérer de ma peau mutagène,

L’illusoire, le conventionnel… en ces gênes,

Aurai du fallacieux, soutien sans abaque.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 10 octobre 2023

ABSENCES

ABSENCES

 

Au désert du temps, se meurent peu à peu,

Mes besoins d'homme sans idéal ;

Je suis la trace de confessions féales ;

La foi en damne le verbiage pompeux.

 

N'ai pour bagage qu'une plume 

Au-delà du cylindre des mots…

Je l'enivre d'idées, de babil sans maux ;

Quelquefois, sa folle pointe bitume

 

Des raisonnements, chaque présomption

Devenue agressive au faîte d'assertions

Paramétrées du docte ceint d'érudition,

D’Aristarque spolié d'ambitions.

 

Au chevet de la lampe, je vêts la rhétorique

D'un vaporeux axiome : lemme circonstancié,

D'où pointe le narratif souvent émacié

Du pamphlet aux joutes chimériques.

 

En cet erg aux mortes destinées,

Sombre l'âme emperlée de cuisance,

L'esprit affecté de houleuses nuisances,

De désirs saboulés, trop souvent confinés.

 

Si des peccavi, germent de longs pleurs,

Les regrets sabordent le remords :

Oriflamme au fronton de morts

Instinctuels… revanchardes, les peurs

 

Ourlent aux fièvres de solénoïde,

Kakemono d'un décor sans noblesse,

Breloques clivées de maladresses,

Pris au rets d'un bizut gorgé de colloïde.

 

Arriverai-je à temps, sans poisser

Les barbelés du facétieux destin ?

Aurais-je, des ripailles, fait festin

Allongé là, et sans me redresser

 

Sous l'arche du Ciel de Victoire ?

Dois-je de Mando, espérer prébende,

Si de la sinécure aboutée de légendes,

Se dissolvent les actes méritoires ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023