N’ai point vu mon enfance, au bout de l’allée
Où poussent au matin clair, les rires ingénus ;
Estropiée, la mienne fuyait, trotte-menu,
Les pierreuses escales me voulant isoler.
Mes larmes firent confesse de déshérence ;
Sans implorer du deuil de la déconvenue,
L’immuable fixité, ai, des sentes ténues,
Emprunté chaque longe… l’apparence
Talquait de mon parcours funestes échos ;
Ointe de solitude, ma jeunesse clivait
Aux ternes exutoires d’instables dérivées ;
Mes yeux en effaçaient les reflets afocaux.
Au fond de ce puits où fermentent les rêves,
La gêne actionnait l’engouffrée passagère…
Bercée de songes creux, que l’onirisme gère,
L’angoisse dénaturait mon immature sève.
Rejetée hors la lie de doucereuses plaintes,
La mienne gerbée se peu à peu, fanait ;
Que n’aurais-je donné, pour ne point profaner,
De la beauté des choses, l’efficace empreinte !
Ivre d’incertitudes, du fiel d’apparences,
Ma dégaine plombée s’effilochait en l’aube ;
Rassénérée, mon âme, de vœux probes,
S’était faite soumise… ceinte de tolérance,
S’accouplait à la soif de connaître Dieu :
Rédempteur béni : Eternel, L’Unique
Qui, en Jésus, derrière La Tunique,
S’offrait pour mes péchés, sans du dispendieux
Accorder résonnance… c’est ainsi_
Quae beatitudo* !
Ce Devenir, en l’espèce ;
Injustement puni, innocent que dépècent
Les adultes replets tallant les raccourcis…
J’étais ce triste hère de lointains alizés…
Je fus _ sans contredit ! _ mouton noir
D’une caste ajustée au glissant laminoir
De l’autosuffisance… je suis ce
méprisé…
Ai, désormais pour unique famille…
Hoc est quomodo** ! Mon
Seigneur adoré ;
Christ, mon Seul Amour… d’aurores mordorées,
Aux nuits écarlates, sans mal, s’éparpillent
L’ascétique broue de mes hontes liquides ;
Des bermes contraires, Vivamus spiriti***,
Je talonne d’hier, les flaques empuanties :
La mire, où l’enfant se fagote de rides.
*quel
bonheur !
**c’est
ainsi !
***esprit
vif
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023





