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mercredi 11 octobre 2023

RÊVES CLOS

RÊVES CLOS

 

Il fait encor soleil sur la peau de mon rêve ;

Les rais blonds qui l’enserrent dépistent

De mon spleen, et afin qu’elle subsiste,

L’inénarrable joie, en coulure de sève.

 

J’imagine des îles peuplées d’hamadryades

Se mourant chaque jour au pied du tilleul ;

Des atolls essaimés de nos vaillants aïeuls,

Et qu’enrouent les ventées de fragiles rades.

 

Il fait jour, au tertre de l’humide éveil ;

J’en contemple, sans m’en plus évincer,

Les perles conglobées de spires nuancées

Dont la rosée fait fête aux primes veilles.

 

Je suppose un courtil égrené des solstices,

Une terre réglisse, au sortir de l’enfance ;

S’y viennent poser, délestés de muance,

Les chérubins de l’aube… en sa déplisse.

 

Mes fleurs, de fragrances perlées, captivent

Le tendron de romances figées… j’écoute,

Des grelots de son cœur, fondre l’égoutte

De ses rires feutrés… s’y lentement activent,

 

De délicates offres, aux murmures conquis,

De conciliabules enrobés de promesses :

Chuchotis d’odalisques feintées d’allégresse,

Au tapis d’un harem d’altiers Abénaquis.

 

J’espère un long rivage foulé d’énamourés :

Plage sertie de fins cristaux… l’océan

Viendrait mordre l’empreinte du géant,

Effanée sur le sable de glaireuses marées.

 

Ma bélandre ajusterait des flots, la rainure ;

La lame viendrait moudre les friables crachins,

Egruger des bruines lavant le fraîchin,

Le diaphane flux d’atomes halogénures.

 

Je perçois, des songes, la réelle butée

Insérée aux bermes d’outre-lieu ; peut-être,

Aux oniriques talles du perfide paraître,

Avant que d’hiberner aux ides permutées.

 

La richesse de folles errances_ hélas !

Fige de l’intestat, la frêle maladresse…

Que n’aurais-je, en ces molles détresses,

Etuvé la réserve dont je me matelasse !

 

J’ai peur d’avoir mûri, aguerri, insolvable,

Au soleil de lointaines contrées… dois-je, là,

Lier de l’adolescence, d’autres aléas : éclats

De mandorles, pour le moins discutables ?

 

Si mes nuits font bombance en d’appréciables

Noces de fantaisistes clercs, pourquoi_

Direz-vous_ jouer les porte-croix,

De scéniques barbares ? de ces justifiables,

 

N’aurai_ je vous l’assure ! _   moindre excuse ;

Ne suis de ceux qui_ de la concomitance _

Dénerve chaque fait (…) en l’instance,

Je fais montre, sans la moindre récuse,

 

De parcimonie… j’entoile de tons brefs,

Au for du réceptif, l’exacte propension…

Le méchef, en ces joutes de prétention,

Ne point atteint solve de mes griefs !

 

Réveille-toi, mon ombre… il fait matin !

Les rixes du pompeux cauchemar cognent

Sur ma superbe… l’étrange, de sa rogne,

Vient déplisser ma mue… s’il atteint,

 

Du faîte, l’exutoire, d’aucuns diront :

Mando a pris le large, en marin désœuvré,

Tel pusillanime engavé de l’ivraie

De champs ; y blêmissent les fanfarons :

 

Pédants enkystés de licencieuses vaques…

Lors, verrai s’altérer de ma peau mutagène,

L’illusoire, le conventionnel… en ces gênes,

Aurai du fallacieux, soutien sans abaque.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

mardi 10 octobre 2023

ABSENCES

ABSENCES

 

Au désert du temps, se meurent peu à peu,

Mes besoins d'homme sans idéal ;

Je suis la trace de confessions féales ;

La foi en damne le verbiage pompeux.

 

N'ai pour bagage qu'une plume 

Au-delà du cylindre des mots…

Je l'enivre d'idées, de babil sans maux ;

Quelquefois, sa folle pointe bitume

 

Des raisonnements, chaque présomption

Devenue agressive au faîte d'assertions

Paramétrées du docte ceint d'érudition,

D’Aristarque spolié d'ambitions.

 

Au chevet de la lampe, je vêts la rhétorique

D'un vaporeux axiome : lemme circonstancié,

D'où pointe le narratif souvent émacié

Du pamphlet aux joutes chimériques.

 

En cet erg aux mortes destinées,

Sombre l'âme emperlée de cuisance,

L'esprit affecté de houleuses nuisances,

De désirs saboulés, trop souvent confinés.

 

Si des peccavi, germent de longs pleurs,

Les regrets sabordent le remords :

Oriflamme au fronton de morts

Instinctuels… revanchardes, les peurs

 

Ourlent aux fièvres de solénoïde,

Kakemono d'un décor sans noblesse,

Breloques clivées de maladresses,

Pris au rets d'un bizut gorgé de colloïde.

 

Arriverai-je à temps, sans poisser

Les barbelés du facétieux destin ?

Aurais-je, des ripailles, fait festin

Allongé là, et sans me redresser

 

Sous l'arche du Ciel de Victoire ?

Dois-je de Mando, espérer prébende,

Si de la sinécure aboutée de légendes,

Se dissolvent les actes méritoires ?


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 9 octobre 2023

ROUTE DEVIEE

ROUTE DEVIEE

 

Des déviations, aux artères éteintes,

Des boulevards, aux impasses cintrées,

En serf humilié, sans plaintes,

Je sème du remords, l’écho indiscret,           

 

Voilant de l’excès, l’outrance ; j’écris

De vaines épistoles, ces graphèmes

Dupés du désarroi, d’innommables cris

Entremêlés de fins stratagèmes.

 

Mon passé s’éloigne des clichés grivois,

D’impudence… de frasques d’alors

Enchâssés de rites moniaux ; y louvoient,

Les chaisières dont le silence est d’or.

 

Entre les feintes de l’obscurantisme,

De l’érudition, le noduleux axiome,

L’incartade des pairs_ sans angélisme,

Je dépeins l’avenir, dévié de Rome :

 

Manichéen concept du vide purgatif

D’habiles pédérastes de sacristie

Entre les moites cuisses de rétifs

Marguilliers, comme repus d’hosties ;

 

Exploitent d’ignobles contempteurs

Férus d’autorité, adeptes d’adultisme ;

Le trouble encensé de menteurs

Cautionnés de l’impur ceint de schismes.

 

Tel bedeau épuisé, sans attaches,

Porte-verge de chapelle sans âme,

Je promène plume, arguant le lâche

S’il confesse l'agénésie d'agame ;

 

Le néant puise du sacramentel :

Bouffonnes pirouettes d’ascèse,

Liturgiques pompes de castel

Au pamphlétaire d’un cénacle d’aise ;

 

J’en démonte, en d’appréciables joutes,

Mécanique, dégressive prébende

Usurpée aux mécènes… sans doute !

Dispendieux tantrisme ; j’appréhende

 

Les ruses du Rex Ribaldorum,

Ces fidèles muselés aboient aux lunes,

De rustres jappements de groom,

Du cerbère de géhenne falune.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

dimanche 8 octobre 2023

FIELLEUSE ARROGANCE

FIELLEUSE ARROGANCE

 

L’arrogance est une arme aux mains

Du cœur-bourreau ; c’est un coupant silex

Epointant de sa lame l’ingénieux apex ;

Sans elle, ne subsistent d’autres lendemains.

 

L’arrogance est un gouffre béant ; aspire

De la retenue, la réserve permise…

On la voit s'aliéner la transmue soumise

Aux dictats de l’âme en sa conspire.

 

Fiévreux magma dont l’audace engerbe

De sa lave, la travée du niaiseux,

Est aussi un cratère, un noir emposieu

D’où filtrent, peu à peu, les adages acerbes.

 

L’arrogance feinte des gémonies, l’intrônée

Que la plèbe salue avec grâce, constance…

Se fait altière, empaumée d’exigences

Qui de la flatterie, cajole l’irraisonnée.

 

En frappant à ma porte, ces mielleuses invites

Voulurent de ma soif, apaiser l’inconfort ;

Ne me point suis laisser, au rythme de l’effort,

Séduire… la sagesse en mon deuil, ne lévite ;

 

Elle a les pieds sur terre, sa systole refoule

Du prestige, l’étrange propension…

Au soir, où se délient les disproportions

De mon double taclé, j’ois seul, des foules,

 

Le tumulte glaçant… mes rêves, en l’ailleurs,

Ne font jamais musarde… se peut-il,

Sans que je m’en offense, qu’en ces villes,

S’ébruitent les ires de piètres railleurs !

 

Elle intime au suppôt de l’engeance,

Vision du cerbère déporté des enfers,

Pour contraindre, et sans jamais s’en faire,

L’insolvable barbot démuni d’existence.

 

Ai piétiné la voie où traîne l’arrogance,

Les tortueuses bermes de sa belle cité ;

Ai vu poindre, d’offrandes plébiscitées,

De poudreux rogatons sous la ganse ;

 

Sa faconde est en toc, se fane sa harangue ;

S’y penche le docte lui confisquant la donne,

Mouche les privautés au flou de la maldonne ;

En étrécie du jour les spirales exsangues.

 

L’arrogance est un vieux pont bancal ;

Ne le peut traverser le sigisbée conquis

De belles damoiselles ; aux joutes de marquis,

Sait, sans mal, se défaire du puant tincal.

 

Je pose au mur d’impudiques défaites, ivre

Du nectar de fragiles conquêtes, mon laurier

De kaiser en disgrâce… à ma place, l’auriez-

Vous accepter sans en jamais rougir ? Je livre,

 

Aux princières constances, ma plume captive

De mots entrecroisés d’habiles esperluettes,

Par peur, au voile de l’humide luette,

D’y retrouver le glas de ce babil, qu’avivent

 

Les souvenirs dont Mando fait déni…

En l’enclose de sa jeunesse bée, s’éternisent

Des joies entremêlées de pleurs, qu’intronise

L’absence des matins de l’enfance bénie.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

samedi 7 octobre 2023

BOUFFONS VENITIENS

BOUFFONS VENITIENS

 

Les rires font offenses en l’âme du draveur

Dont la charge flottante leste la rivière ;

Son fardeau que les remous empierrent,

Sillonne, au fil de l’eau, le puissant étuveur.

 

Pour le Vénitien, les rires du zani masquent,

Et pour nous plaire, le caricatural…

Quand il fait son entrée magistrale,

Conquis, le public salue ce fier tarasque.

 

Brighella, Mezzetin, Pedrolino, Scapin,

Polichinelle, Trivelin Coviello, bien sûr,

Font offre du meilleur… rassurent

L’auditoire séduit de l’art supin.

 

La ruse confisque au permanent, souvent,

Sans qu’on sache pourquoi, l’endémique ;

En encloue l’intangible, et qui, de la mimique

Affectionne baroque… n’est rien de décevant !

 

Au XVII siècle, la grande casaque de scène,

Alimentait rumeurs, quant à son avantage ;

L’image supporte_ on le sait _ mal, l’aboutage ;

Rebute parfois, le généreux mécène ;

 

Attifé de la sorte, zani et maître se confondent,

Illusionnent sans mal le prôneur théatin :

Ce faiseur de morale, vexé du baratin

De ces pitres muchés, affolés de faconde.

 

Venise est un miroir sans tain ; s’y mirent

Les nantis de l’Italie vaincue… s’en faudrait

Préserver, pensez-vous ! nul, de l’adret,

Ne peut faire montagne, sans l’admire

 

Du vaillant varappeur : digne ascensionniste

Crevant de l’impossible, le bedonnant confort ;

Le bouffon s’imagine, en son intérieur for,

Déchirer la valade du vieil accessoiriste,

 

Pour percer mystère de la gent de coulisse :

Nouvel appariteur aux doctes exigences….

Ecaler du chapitre, d’anonymes stances,

Aboute du poème posé en ces abscisses,

 

L’iambique substance… sans fondement,

S’écroule la catachrèse… l’orateur perd pied

Si la déclame gêne… sans ce polycopié,

Le tribun se ferait herméneute… sûrement !

 

Le zani, lui, talle du boyau d’escale, pause…

De la déconvenue alimentée de rires, Venise

S’octroyait _ aux moindres des mainmises_

Le droit des prébendiers démunis de l’enclose.

 

De ces pantalonnes crues, émanait l’ire

De tragédiens bouffis, ces pansus cabotins,

A l’instar du piètre Montfleury : pantin

Dont la plume fossilise Asdrubal : c’est peu dire !

 

 Mascarille, Jodelet, Gros-René, Figaro,

Plus tard, envahiront l’estrade… vice, hardiesse,

Couronneront alors, ces âmes en liesse,

Donnant au rôle de valet, et sans aucun haro,

 

L’exacte mesure du factotum se livrant

Aux foules ébahies… l’aura du non sequitur

Embellit le langage du noble, sans détours,

Aux susurres permises… peu à peu, l’enivrant.

 

Du cynisme de la libre pensée, au refouloir

De censeurs piégés d'artefact, prétentions

Aucunes ne pourraient, même en l’inaction,

S’ajuster à la lame du biseau de doloire.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

vendredi 6 octobre 2023

INCIVILES LAMPEES

INCIVILES LAMPEES

 

Des mortes nuits d’automne, au matin épuré,

S’évident les noceurs de doriennes contrées ;

S’en viennent ripailler, en mentors adextrés,

Aux artères de riches capitales… emmurés

 

De sybarites flux, s’allongent sous la nue,

Riches de mécréance, de syncrétiques rites ;

Dépourvus de morale, en l’aube azurite,

Capitonnent le vice encoffrant l’ingénue.

 

Prétentieux, larvaires : iniques aguicheurs

Emargeant de l’oukase du récipiendaire,

Rognant de l’ordalie, les us protocolaires,

Le douzil de coutumes au fiel accrocheur.

 

Sur le gris du pavé, s’éparpillent aux vents,

Les malléables traces de pas impudents,

Les trop souples empreintes d’imprudents

Ecornés de la maréchaussée poursuivant

 

Ces jobastres, ces gens-foutre d’ailleurs,

Dont la raison vacille, avant de s’écrouler,

Aux moindres aléas, comme blackboulés

Du serein réceptif… gaussés là, du railleur.

 

Pris en la nébuleuse de pénétrantes sorgues,

Glissent d’estaminets fermentés de puanteur ;

Les femmes qui les ceignent d’apesanteur,

Clivent à leurs visées, de ténébreuses morgues.

 

L’amour, à leur endroit, n’a point certificat ;

Peu s’en fallait que l’offre du dérèglement,

Annihilasse, du point d’âpres tourments,

La folle mécanique piégeant l’indélicat…

 

De Paris, à Tokyo, aux portes des bordels ;

De Londres, à Manille, de Rome, à Bangkok  

Au souffle de bourrelles, la mesure de coke

Affine la prisée du loup sur sa ridelle.

 

Vous les verrez, au noir de vos cités,

Avachis sur la place de grève ; sans mal,

Saurez les reconnaître… de ce flou anomal,

Gicleront les cuvées de ces altérités…


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023