Ils ont meurtri ton sein de
veuve désolée,
Profané tes jachères de matrone
stérile ;
Les hommes ont érigé l’altier
mausolée
Du noble pulpitum te rendant
fébrile.
Tu es_ c’est à n’y rien
comprendre, ridée
De part en part, telle catin
encloîtrée
De pathogènes affres, dont la
lèvre fardée
Déborde des ridules pleinement
excentrées.
Tes bassins : rivières
devenues, ont sanglé
Des flots, d’indiscrètes
roulades, damé
De ton sable, les dunes
étranglées
De vents encagés de sphères
arrimées
Au point de l’exosphère ;
y culbutent parfois,
Des typhons vrillés à ce méso climat
Aux longes calcaires aspirées du
froid
Gélifiant les plaines transies
de frimas.
Des marcottes, pendouille en
hiver,
Le lierre dont la sève
confisque, sans mal,
La foliation des pousses, son
contrevair
Irradié… aux soufflées
hiémales.
J'épie des forêts sans arbres,
ni ronces,
Tubules de bambou tropical… au
cœur
De promesses tronquées ; s'y
enfonce
La canopée voilée de sons
moqueurs,
La faune sans gîte ;
souvent, l’homme
Écale des semis appauvris, le
breuil…
Y rampent les larves qui, de la
gomme,
Aspirent le suintement des
feuilles.
Tu te laisses séduire d’âmes
pécheresses,
Puis, brider de prétentieux
cloneurs
Amourachés, au for de la
détresse,
De l’étrange science d’empoisonneurs.
En l’ondule des prés du métayer,
Tu assèches mes larmes
lysergides
Traversées de sanglots enrayés…
Tance donc l’impétrant imbu de
subsides !
En ma maigre besace, ce mince
réticule,
Ai, du poreux souffle grisant
l’esthète,
Rogatons chus du fin opercule
Embué de rosée, au matin
faisant fête
Au ciel où nage le majestueux
phénix …
L’azur vient modeler de sa dive
prestance,
Précieux fuselage… des légendes
de Nyx,
Se su défaire, confiant de sa
vaillance…
Dieu a donné à cet aigle de
feu, pour
La désenchantée, yeux de circaète,
Volontaires plumes… il connaît
du tambour,
Le son bref de l’invite, connaît
la baguette
Qu’effleure la peau de caisse…
terre lasse,
Te dois-je bercer de rêveries
nocturnes ?
J’eusse aimé, nuits bleues,
faire place
Aux furtifs geignements
diurnes
De quérimonies, étoiler le
psaume de cris
Éventrant silence du
circonstancié,
S'il prend forme… placé en mes
écrits,
Le tangage du cercle, ici-bas,
émacié
De la plèbe parfois, fomentée
de mépris
Attisés de cerbères que
l’agnostique prie.
*
Terre de souvenirs, Cosmos de
ma liesse,
Tu verras de Dieu, Ton Créateur
béni,
Pousser en L’Eden, L’Arbre de
tendresse ;
Les croyants marcheront tous
unis
Aux Sources de L’Amour
Rédempteur ;
Jamais ne fouleront ton sol, ces
contempteurs
Dont Satan piège l’existence… seront
bannis,
Ces gras suppôts écorchés de
déni ! …
***
Terre de mes ancêtres, je
t’offre mes mots d’auteur.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023


