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mardi 3 octobre 2023

ENTRE LES LIGNES…

ENTRE LES LIGNES…

 

Ecrire sur les pages d'un carnet jauni,

Un vieux calepin aux teintes délavées ;

Ecrire du temps passé, à battre le pavé,

De monotones heures en l'aube embrunie.

 

Confier à son journal des rêves écorchés :

Désirs impromptus, jamais réalisés ;

Tracer entre les lignes : mensonges usés,

Trompeuses litanies, passions cachées.

 

Rompre des souvenirs, l’âpre degré ;

Noircir du jour, avec mélancolie,

D’ultimes secondes… de l'asymbolie,

La mémoire résèque les vaines simagrées.

 

Ecrire le deuil de nuits écorchées,

Sur l'inconfort du spleen à bannir ;

Ajuster au graphisme, pour le retenir,

La patte de l'artiste prêt à l’enfourcher.

 

Paraphraser des notes, la linguistique,

Sublimer de la riche lexie, métaphore,

Sans en cosmétiquer du confort,

L’axiome vaincu de la casuistique…

 

Huer, au lever de rideau, boutades

Dont Rivarol peint l'enjôleuse marotte ;

Rallumer cette catachrèse, qu'empote

Le sot de contrefaites œillades.

 

J'aime vivre hors ces déconvenues,

Cette stylistique boudée de Villon ;

Sainte-Beuve, molesté d’un bâillon,

Fait de l'allégorique : conspue de parvenus

 

Vexés du dithyrambe au flou du larmier ;

Victor Hugo, en de fougueux regimbes,

En altère la misanthropie : nimbe

Insupporté d'écrivaillons cadmiés,

 

En des soirs floutés des lacrymales

Sur massore de prétentieux scribes :

Herméneutes, dont l’affect s'imbibe

De brûlots d'histrions… et sans mal.

 

J’écris en l'aube captive, d'incivils édits

Souvent émondés d'acariâtre pointe ;

Me plait d'accorder aux phonies ointes,

Mon tendre clavicorne… on dit

 

Que de mes songes, il entoile le vide

De mélodrames griffés d'arpèges ;

Je le crois_ que n'oserais-je ! en allège

Le fastueux bedon en-deçà des rides

 

De disgrâce : ces fines craquelures

Du trélingage de passives fuites ;

En d'autres assertions, poursuite

De vexantes chimères… de littérature,

 

J'entaille l'impudence, l'orgueil

D’éclats empreints d'obsolescence :

Verbatim avarié, privé de quintessence…

Faudra des soleils pour confondre l'écueil

 

D’où viennent rompre les cris de Fénelon,

D'Agrippa D’Aubigné, flou de La Bruyère,

Stances de Leopardi ; sa verve rancunière,

Sonnets de Pétrarque étirés en stolon.

 

J'écris, aux rayons qui animent

Antoine de Gentile, sa métrique,

Sully Prudhomme, sa rythmique ;

J'écris aux lunes bleues… mes rêveries intimes.


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

LA CAMPAGNE EN EVEIL

LA CAMPAGNE EN EVEIL

 

Ma campagne s’éveille aux aurores,

Quand le petit matin aspire la rosée,

Que se meurent les vents déposés

Sur la feuille figeant l’agréable décor.

 

Ma campagne ouvre larges auvents

Aux saisons embrumées d’automne,

Aux ides, qu’enrouent, monotones,

De diamantines bruines abreuvant

 

De la plaine, les majestueux sillons

Dessinés de herses, d’émotteuses

Au barycentre de faucheuses

Crantées, pipées des tourbillons.

 

Ma campagne est une île : estuaire

Dont la mer délace la sente herbue,

Déchire la tortille, que fourbue,

Longe l’espace effrayé du belluaire ;

 

Domaine aux portes de Plaisance ;

Jouxté de Périnelle… parfumée

De goyaves, tamarins, mangues humées

Du nasigère : flair prisant de l’enfance

 

Quiétude… se meuvent en son lit,

Primes pousses, drageons

Éclos en l’aube... premiers surgeons,

Stolons végétatifs voilés du ciel pâli.

 

Au chant de bondrées apivores,

S’étire mollement du point tellurique

D’un enclos aux tracées cupriques

De jachères, d’entailles limivores.

 

C'est un creuset où nichent encor

Les cendres d’un volcan en repos,

Soufflant la lave d’écumes sous la peau

D’un passé dont Saint-Pierre décore

 

Les ruines de riches domiciles

Devenues : pavés gris d’une histoire

Voilée de songes hallucinatoires,

De rêveries clivées aux fables indociles.

 

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023

lundi 2 octobre 2023

AU COEUR DU RENOUVEAU

AU COEUR DU RENOUVEAU

 

Faites-moi de la nue, aspirer volutes,

Que j'y voie du printemps à venir,

Les vents légers qu'aime à retenir

La grisaille garrottant la cuscute !

 

S’esbaudissent les plombées,

Au jardin de nos primes amours ;

La nature agrémente, sans détours,

Faune et flore du matin ébarbé

 

Des plaines ; là, le beau Philomèle

Perce du renouveau, l'ossature…

En l'écho bref des monts, l’égoutture

Fuse des collerettes, des glumelles.

 

Aux cycles champêtres : agrestes phases,

Se confondent, en de curieux ballets,

Les remous des côtes de Calais ;

S’y allongent, éblouis en l'extase,

 

D’agiles becfigues dont l’envol

Noue des brumes, les butyreux cernes ;

De cette lactescence, se gaudit la sterne,

S'époudrent les rémiges de la glaréole.

 

L'enfant, repu de tant de féerie,

Pave du jour, l'aura enchanteresse ;

Ses joies domestiquent de l’ivresse

Ceinte d'illusion, l'étrange hystérie.

 

Il pleut d'autres soleils, de lunes étoupées,

Aux larmes d'Astrée : virginale parèdre

D'un fief ruiné du déni de Phèdre,

Si de l'évocatoire nait la prosopopée.

 

En l’octobre, encloses de fragrance,

Les bulbilles s'ouvrent, sans retenue ;

Sous l'étamine, les gamètes ténus,

Modèlent des riches semences,

 

L'organe génésique, pour, du sommeil,

En aérer le cylindre glouton ;

S’y posent, des graminées, les boutons,

Défroissés… en la brise vermeille.

 

Redeviens, grisé de parhélie… marmot

Et qui, de la prairie, l’œil hagard,

Aux primales soufflées, s’égare,

L'iris attentionné… chut ! Ne dirai plus mot !!!


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2023