
UT SCIS TACERE*
Sachez faire silence !
Ne dîtes aux hommes que, demain,
Mûriront aux portes des saisons,
Des semences flagellées d’oraisons,
Des manifestes creux tracés de la main
De prévaricateurs dont les lèvres carmin
De putains insoumises, enjôlent la raison !
Taisez des illusions, la fantasque doublure
Entoilée d’arguties de l’improbable queusot
Illuminant le verbe qui fait la nique au sot,
Puis, admoneste sans mal, la vraie littérature !
Dussions-nous être soufflés de la matrice ;
Elle freine du fœtus, l’effluve amniotique
Emportée du canal aux puanteurs méphitiques
Troublant la chair aux glandes corruptrices !
Cachez de vos sanglots, l’irréversible chute,
Afin, aux soirs d’automne, à l’heure des décans,
D’épouser des clameurs, d’inconfortables huées ;
Y sombrent les regrets qui s’y encor percutent !
Le deuil en nos victoires, violente les mots,
Dénude des graphèmes, le venin d’épistoles
Aux sirupeuses lies tanisée d'acrostole
D'impudiques écrits vieillis en fermaux.
Ne dîtes plus :_ je m'écorche aux ronces
D’un avenir étouffé de stolon !
Vous verrez faner ces mousmés de salon,
Celles qui cachent le vice au creuset de leurs fronces !
L’homme n’aura alors, plus jamais de passé
Dissoute, sa mémoire, au for des nuits blanches ;
Balaiera des plantureuses hanches,
Les frissons ignorés de tous les trépassés.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019






