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jeudi 21 novembre 2019

IUDICIUM MORTIS EST*

IUDICIUM MORTIS EST*
Le condamné à mort

Aux heures dites coupables, le condamné à mort
Égrène chapelet de regrets, de remords…
Il effeuille du temps, d'imprécises secondes,
De l'espace, des orbes,  les teintes rubicondes.


Dans le froid de l'attente, en l'étroite antichambre,
Son regard alimente du corridor d'ambre,
Les pires conjectures ; se glace alors son sang ;
Il aimerait survivre au matin renaissant,

Victorieux, serein, confiant en l'avenir
Dont jouissent les âmes que ne peuvent bannir
L'orgueilleux podestat, le prétentieux kaiser
Légalisant la mort fouillée tel un désert

Où s'égarent aux nuits, les monarques déchus,
Où se perdent aux ides, les tarasques fourchues.
Le condamné caresse en vain la grâce
Hissée en tutélaire au centre de l'impasse

Gardée tel le trésor d'un califat trônant
Au pulpitum du pouvoir absolu, dominant
Certes, avec panache, et sans rétention,
Bien que grisé du vin de l'appréhension.


Point d'issue en ces sombres couloirs
D'orgueil, d'émulation…  triste refouloir,
Tu conquiers et le cœur et l'esprit aliénés,
Crains, je te le conseille, de tes actes mort-nés,

Le tumulte de foules ennoblies au Calvaire,
Le grondement du Ciel de L'Agneau couvert
Du Sang que Pilate a profané à tort !
Où est ton aiguillon o misérable mort ?
   

Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

MADIDIS LAPSA*

MADIDIS LAPSA*
De guingois

Elle plissait du rêve, la subéreuse fronce,
Dégradait de ses nuits, l'opaque nébuleuse,
Se perdait au revers de la voûte crayeuse
Étoilant du malaise, le majestueux sconse.

Ses envies s'étiolaient en des besoins poussifs,
Désirs amortis par le confort du songe
Peu à peu évidé des folies qui rongent,
De mesquines lubies au fluide incisif.

D'elle, sans prétentions, s'animaient à l'aube,
De coupables visées, d'irascibles attentes
Engainant de ses peurs, en l'humeur violente,
La rage libertine que les fièvres engobent.



Dévêtue, éthérée en l'aurore, sa silhouette
S'ajustait lentement aux nuisibles contraintes
Encavées aux fantasmes dilués de complaintes
Sur la lèvre d'amants séduits de l'ariette,

Baume de meurtrissures au for de l'escient,
Infidèle brûlure d'actes estropiés
De l'infâme impudeur du souffle pépié,
De râles prolongés de son subconscient.

De guingois, ses angoisses, son appréhension,
Longeaient de la lasciveté, l'espace catarrheux,
Le plaintif geignement sous le galbe poreux
De la chair captive du mâle en sa captation.



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019

lundi 18 novembre 2019

TEMPUS VINCIT*

TEMPUS VINCIT*
Vaincre le temps 


A la tombée du jour, à l’ensevelissement
Des premières amours, des chemins contraires,
Gouttent des toits rouillés, en de doux chuintements,

Les eaux d’un ciel d’orage agressé d’éclairs
Sur la terre percée en son flanc clair,
De la pointe d’astres pavant le firmament.

Chaque heure est un grelot en ma tête,
Un cri déchiqueté de l'espoir aluné
Des nuits où, d’impossibles conquêtes
Annihilent mon double de rêveur mort-né.

Au seuil de songes qui en l'aube, grimacent,
S’effondrent mes désirs d’amant désabusé ;
Ma peau fait son possible pour donner à ma face,
Joviale apparence de garnement rusé.

Je fuis les sentencieux préceptes,
De la palinodie ; ces entrelacs d’auteur
Rebutent en moi, le penseur  inepte
Prêt  à farder d'entregents, le rhéteur.

Vaincre le consomptif… oui, vaincre l’eau,
Le feu, le vent sous feuillage d’automne ;
Vaincre de l’insomnie, le pondéreux fardeau
Bercé de plaintes monotones,

De tempêtes rompues en l’espace figé ;
Là, s’y viennent poser de radieuses perles_
Joyaux de lychnis sous l'azur encagé
De typhons ; aux solstices, ils déferlent,

Grisés du pollen d'aigrettes appréciables _
Goûteux nanan caressé de papilles
Aux capitons pincés de confortable
Cavité fongiforme;  les miasmes la titillent.


Garder au fond  de soi, des ides égrenées,
Le fardeau de l'angoisse de l’enfance brisée ;
Se souvenir de la chair malmenée,
D'évanescentes joies aux teintes irisées.

Voilà, du temps passé, les derniers clichés ;
L’album aux souvenirs éteints !
Me voici, temps vaincu, toi qui m’as tant cherché !
Je me couche à ta porte où s’éveille matin !


Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019