UBI SUNT IBIMUS ?*
Où sont-elles ?
Dans le lit à deux places _ crispées,
Elles s’étirent, le cœur à l’agonie,
Subissent de l’amant, toute l’hégémonie,
Maculant le vassal_ d’outrecuidance, frappé.
Au bord de l’insomnie, paupières mi-closes,
Se laissent couronner d’indigestes lauriers
Enfiellant la sultane… nous l’aurions parié _
Assujettie, offerte aux métamorphoses ;
Ses dérives dénaturent l’espèce
Fière d’ajuster en des fougues éteintes,
Le froid cylindre élevé, hors d’atteinte
Du plaisir du sybarite en liesse.
Sur la couche maculée de parjures,
Ève s’étire sans retenue, domptant
Des passions, et l’espace et le temps
Éviscérés de râles immatures.
*
Ici, périssent au soir, les reines,
Quand les mâles les quittent,
La poupée blessée, la geisha en faillite
Devant l’âtre ou la peur les enchaîne
Aux lézardes d'un studio jauni... l’aube
Y teinte des nuits, l’équivoque froideur
Adoucit des pleurs, la cruelle fadeur,
Caresse des reliques, les miasmes d’engobe.
Je les vois à confesse, ces tristes pénitentes ;
Y implorent la madone de chaux,
Soupirent en sirènes de Maréchaux,
Loin d'un Paris aux frasques luxuriantes.
En d’épaisses brumes de Seine,
Leurs profils nervaliens prennent
Des raccourcis que ne jamais surprennent
Les amants du beau bois de Vincennes.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2019


