TUMULTUS SPREES*
Tumultueuses virées
Ondoient sous ma barque, les eaux de la félicité ;
Montent des folles rumeurs, l’étrange brouhaha
Qui calme les fièvres de nos vieilles cités,
Afin d’en mieux dissoudre les portes du coma.
Inquiets de voir mourir aux soufflées hiémales,
Les premières neiges en ce froid permanent,
Les vents chauds y dévoilent de la rive thermale,
Le poudrin délacé du souffle ahanant.
Les berges bitumées où dansent les gitanes,
Voient d’imprécises mues s’y venir poser ;
Boudent de l’exuvie, le mucus, puis, tannent
Des tièdes bruines, les perles de rosée.
Que n'ai-je, en ces chimères tranquilles,
Ces arpèges cuivrés enivrés de musique,
Si ce n’est amphigouri de sophiste, babil
D’écornifleur séduit de muses poétiques !
J’ois des premières huées, le désenchantement ;
J'y incline mon profil de factotum vaincu,
Raillé de damoiseaux dont l’acoquinement
Intimide le lord injustement cocu,
Le silène, lui, pérore en fin déclamateur,
Du haut de sa superbe, en triste sire de cour ;
Il étrille l’emphase du vil bonimenteur,
En franchit des degrés, à force de discours,
Ultimes gémonies dressées avant la chute
De l’orgueil du vil l’impétrant d’un royaume
Sans plèbe... trop souvent, il culbute
Du poussiéreux tertre, s’y pâme en vieil homme.
Sous l'esquif sans gloire, chahutent d’autres lames,
D’intempestives vagues du lointain Miquelon…
Je rêve d’atteindre au soir, de l’infidèle femme,
La jouissive cambrure crispant le mamelon.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019
