MULIERES NECTARE*
Nectar de femmes
Parce-qu’il faut de l’ivresse, dissoudre la noire lie,
Les femmes ont de mon vin, bu le nectar uval,
Allégé du velours tanisé, le cépage en aval,
En amont, la noblesse cuivrée de la douce folie.
Elles ont, en écuyères, chevauché la licorne
De mes rêves d’enfant, enfourché les légendes
Dont la belle amazone espère encor prébende
Au soir où l’amante s’ébroue en maritorne.
Les femmes ont tu mes besoins d’aventure,
Immolé de mes soifs, le fantasme cessible ;
Prétendent avec orgueil, de mes aveux risibles,
Étouffer la pleine humilité, même si elle emmure
Des vains raisonnements, l’ardente rhétorique...
Les femmes m’ont accroché aux pal du désir,
Pour y brûler du nu, l’étole du plaisir,
Celui que la morale inonde de critiques,
Afin d’y taire les idéaux, ces concupiscences
Dont jouit l’hédoniste, le pugnace sybarite...
De quelles maux veulent-elles que j’hérite,
Moi, le gueux en quête de pitance ?
Mon devenir en elles, s’assèche sous les cris
De vaines passions.... mes journées prennent
En ce froid inconfort, lorsque le temps s’égrène,
Le large... brisés au récif des amoureux proscrits.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019
