EXITIALE ESCHAETA*
Fatale Déshérence
De mes soleils éteints, au voile des nuits,
S’épaississent les murs de ce profond ennui
Dont je caresse encor la replète structure
Absolvant du bonheur, la vraie villégiature.
Ignoré de l’amante mouchoir au bord des lèvres,
La candace, je maroufle la paroi de fièvres
Inoculées aux veines des rudes hivers
Égarés sur la mousse d'un vieux tapis vert
Emprunté d’infidèles aux moites commissures
Étrillées avec peine de roides meurtrissures,
Scellées à l'aperture exfiltrée de l’amnios,
La glaireuse poussée du coït, après noces.
Je joue à pile ou face entre deux insomnies,
Mon destin de bretteur ; j'aiguise sans déni,
L’inusable claymore dont la pointe transperce
Le souffreteux bedon de l’existence tierce,
Profane de l’histoire, l’organe drapé
De démesure, la plume dont dépend
Au fort du dithyrambe, le fallacieux Plutarque
Éveillé du formol des nymphes de la Parque.
De mon oubli de toi, au troublant narcissisme,
Je farde l’autophilie de totalitarisme ;
Ma vie organise de la coquecigrue, l’onirisme,
De billevesées truffées d’anachronismes.
Je joue à quitte ou double mes incertitudes,
Ces besoins d’aliéner aux vaines habitudes,
Le translucide double ; me suis fait échevin ;
j'y pérore en archonte, tel le vieil écrivain
Insufflant au langage dont Villon se fait maître,
D’idiomatiques brèves avant que de renaître
En des mots dont Corneille et Chateaubriand
Entoilent la candeur d’un syntagme brillant.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019
