DOLOR POETAE*
Le poète chagrin
Un poète
sait le temps… ignore tout des mois ;
Il danse sur
le feu de ses rêves déçus ;
Son émotion
toujours, prend le dessus
Sur la
réalité donnant musc à l’émoi.
Le poète est
la toile dressée sur chevalet
D’un peintre
illusionné ; il mord au fruit
Âcre de la
démesure… à l’aube s’enfuie,
S’écaille sa
peinture... triste mausolée.
J’ai vu
naître l'aède des matins gris,
Sous l’étole
d’un hiver détaché
Des saisons
acceptables, souvent entachées
D’irascibles
frimas tracés en exinscrit.
Ses mots
dévêtent solitude et peur
Manigancées en son for intérieur, aux orages ;
D’inutiles
épithètes y veulent sans partage,
En restreindre la cruelle fadeur,
Mais, il
n’est de l’amour calibrant l’espoir,
Nulle feinte
possible_ atteindre des césures,
Pour en
faire clichés, la vraie littérature
Est chose
impossible…ô qui pourrait le croire( ?)
Un scalde
sous ma peau a mué ; ses peines,
Son chagrin
jusqu'à la déchirure,
Sont autant
d'inutiles blessures
De flaccides mues, d'exorbitance pleine ;
Se faisant
geôlier de jeunesse, gardien
Des remords, regrets vertement tancés,
Le malheur s'en
revient évincer
Du doute
étranglé, chaque nœud gordien.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019
