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mardi 2 juillet 2019

EIQUE A ANTEA*


EIQUE A ANTEA*
Temps jadis

Les rires gorge-pleine des  jeudis d’antan,
Les larmes en fontaine emportées de l’autan,
Rivalisent d’adresse sous l’arche de ce temps
Traversée de l'histoire, des souvenirs flottants ;

Les lavandières aux sonores breloques,
Les jeunes maraîchères de la belle époque
Gardaient la tête haute en traversant les docks ;
Les navires y barraient pour elles, le clinfoc.

Au col d’Alpilles provençales … à l’adret
S’esbaudissent les contes de Prémontré,
Les secrets de Pagnol quelquefois démontrés,
L’émotive percée des ruines sans attrait,

Aux heures chaudes du Sud, le café de Panisse,
Les amants du vieux Port, le parfum de l’anis
Grisant les amoureux derrière les canisses
Aspirées des rayons aux brûlants artifices.

Il y avait aux fêtes du village, des gitans
Ivres de sérénades rythmées, le cœur battant
De puériles badines aux tercets constants
Dont la joie éphémère trouble le débutant,

Ce candide galant à la moue équivoque, naïf
De communale, sacristain de messe, incisif
Probant voulant planter ses griffes
Dans la chair floutée de damoiseaux rétifs.

Ah ! Les caresses, les baveux baisers
Prises aux vierges farouches_ sans biaiser…
Ô riche adolescence, devrais-je me récuser,
Repousser de mon double avant que d’en user,

Folles confessions, lourds clichés mécaniques ?
J’exècre la rémanence des humeurs cycliques
Magnétisant encor mes trimards oniriques
Au sommeil enjôleur, trop souvent chimérique !



Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019