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lundi 15 juillet 2019

QUAE IMMEMORES*


QUAE IMMEMORES*
L’oubli de tout

J’ai oublié les jeux, les récréations,
Les rires dans le foin, quand s’envolait jupon ;
J’ai oublié des filles, les compromissions,
Les chorales de messe, les ennuyeux répons.

J’ai oublié les craies, les doigts tâchés d’encre,
L’ânonnement poussif du cancre s’éveillant,
L’hibernation_ quand d’autres jetaient l’ancre
Dans la mer du possible_ quelquefois, raillant

Mon infortune…  pénible contrescarpe d’ascèse,
Douloureux parvis dont se souviennent encor
Mes genoux écaillés… je n’étais pas à l’aise_
Loin s’en faut, en ce moite décor

Où se côtoient nones en reptation,
Baveuses limaces de secrets couvents
Dont on confesse _ quand le silence est d’or,
Les pitoyables cris du dernier  survivant.

J’ai oublié les jours des vieux almanachs,
Les décans ignorés du courageux marin
Dont les lunes pleines, au fiasco de Bérézina,
Empiètent de ses joies, tout l’éclat ivoirin.

A quoi bon ressasser ces vieux débris,
Ces piteuses défroques de réminiscence !
J’avance vers demain, rêvant d’un autre abri,
Que l’orgueil empuanti de la déliquescence.

J’accorde ma partition aux nocturnes ;
Y agrémente les nuits évasives, inféodant
A mon double, cet être taciturne,
Les clappements du flux incommodant.




Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019