EGO
HABEO*…
Il me faudra…
Il me faudra du temps pour rejoindre la route
Empruntée des gueux, des manants _ soldats
Dont la misère accentue quand ils posent barda,
L'équivoque laideur en laquelle ils s'encroûtent.
Il me faudra des nuits de lunes pleines, sorgues,
Renaissantes ténèbres amputées d'indulgence,
Afin de l'olla-podrida, aspirer l'éphémère constance,
Moi, anarchiste grimé du requiem de morgues.
J'ai, des vierges engoncées au col du désir,
Peint le majestueux galbe, la turgide ;
Qu'il me soit donné au seuil des tristes rides,
L'éloquence du rhéteur au faîte du plaisir !
Dois-je tonitruer: _ Ære perennius exegi monumentum* ?
Suis-je à même en évoquant hier, de tancer le censeur
Qui des cognitions, purge en minable penseur,
L'étrange rémanence ; m'eut-il fait factotum ?
Il faudra livres et portulans à escalader,
S'abreuver au savoir de nos doctes sophistes ;
Au noir de l'âme, patinent les graphistes,
Dont le rayons s'éclipsent de l'imposant adret.
D'aucuns diront en l'influx de l'émulation: _
L'ivresse des sens perturbe de l'ego ventru,
Le mimétisme froid… il cacarde en silène, l'intrus
Dont la palinodie contredit l'action.
Pour faire taire ces copistes baveux, irai_ d'outre-lieu,
Aux sombres dérives, ratifier de mes convictions,
La pleine certitude, quitte à purger des contradictions
Nimbant l'orgueil des fats, le contenu bilieux.
Armand Mando ESPARTERO© copyright 2019
