DESIDERIA FRUSTRARI*
Désirs frustrés
Comme la fille perdue sur la lande,
Attendant que revienne l’été,
Les saisons écalent du noyau de l’amande
Le goûteux... sans trop l’émietter ;
Tel l’enfant au bord du précipice,
L’espiègle épiant au soir,quelque jupon,
Se dresse par mégarde, sans artifice,
La pointe du sein en nos regards fripons.
L'immodeste d’un Paris oublié,
L'amante du petit jour sur berge polluée,
Restent Prisonnière ; pieds et poings liés,
Accusent des faiblesses, sous les huées,
L’adolescente en mal de réconfort,
Se heurtant aux édits, ces lois inciviles
Tiraillant la conscience au plus fort
De l’angoisse liée au sujet le plus vil.
Telle la femme cambrée sous les doigts
Du répulsif amant , cet abject, ce félon_
Admoneste en des mots maladroits,
Les chattes perverties, les gaupes de salon,
De couches engrossées de fantasmes,
D’empreintes scellées de débauche,
De frasques muées en spasmes
Sous le vice lardé d’imparables encoches,
Je traverse les heures, avec grâce d’un cygne,
Y pave des nuits, le bitume trop froid
Pour convenir à mon double indigne,
Ce kakémono déroulé tant de fois.
Armand Mando ESPARTERO© copyright
2019

